La Banque de Chine fait un premier geste pour soulager les prêteurs locaux
La banque centrale chinoise (PBOC) a été contrainte hier d’injecter 400 milliards de yuans pour enrayer la hausse des taux interbancaires, consécutive à un durcissement des règles sur la qualité des obligations acceptées en collatéral aux opérations de refinancement. Malgré la baisse des taux directeurs fin novembre, le taux Shibor à 7 jours s’est tendu de 47 pb en moins d’un mois, à un plus haut depuis début septembre de 3,55%, et le taux 10 ans de 23 pb, à 3,73%.
Des tensions liées à l’arrivée à maturité en fin du mois de 500 milliards de prêts à court terme, alors que le secteur bancaire est confronté à une dégradation de la qualité des crédits déjà distribués et à une baisse des marges liée à une concurrence accrue pour attirer les dépôts. Le spread des obligations d’entreprises notées AA s’est tendu de 51 pb cette semaine, à 263 pb.
«Les banques ne disposent pas de liquidités supplémentaires suffisantes pour prêter. Il est coûteux de collecter des dépôts, et l’entrée de devises s’est fortement réduite alors que le ratio des réserves obligatoires (RRR) reste élevé», explique Bei Xu, économiste chez Natixis. La PBOC aurait incité les banques à accélérer leur distribution de crédits en assouplissant le ratio prêts sur dépôts, avec un objectif relevé à 10.000 milliards de yuans pour 2014, contre 8.230 milliards accordés à fin octobre et un précédent record de 9.590 milliards en 2009 après la relance massive du crédit. «Les banques commerciales ne devraient pas être en mesure d’atteindre cet objectif et pourraient avoir recours à des émissions de billets de trésorerie pour combler l’écart, ce qui ne correspondrait pas à une demande réelle», estime néanmoins Wei Yao, économiste chez SG CIB. «Le déclin des secteurs traditionnellement bien servis en crédits bancaires s’est accompagné d’une hausse du risque de crédit qui pourrait avoir un impact systémique», ajoute Bei Xu. Si Pékin s’était limité à des mesures ciblées pour corriger des déséquilibres structurels sans accroître une dépendance déjà forte au crédit, des mesures de soutien plus généralisées sont attendues pour libérer la contrainte de liquidité des banques. Un demi-point de baisse du RRR libérerait 500 milliards de liquidités.
«La rapide désinflation tirant les taux réels à la hausse devrait permettre de nouvelles baisses de taux», estime en outre UBS. L’inflation a ralenti à 1,4% en novembre, au plus bas depuis 5 ans, et la chute des prix à la production s’est accélérée à -2,7%.
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