La Banque d’Australie se livre à une intervention verbale sur sa devise
Glenn Stevens hausse le ton. Le gouverneur de la Reserve Bank of Australia (RBA) s’est livré à une intervention verbale musclée lundi soir afin d’endiguer la hausse du dollar australien. Entre fin août et le 22 octobre, ce dernier a en effet repris près de 9% face au billet vert, signant la deuxième performance des devises du «G10» derrière son cousin néo-zélandais.
«Le marché des changes est peut-être un autre endroit où les investisseurs devraient faire attention. Bien que la direction du taux de change en réponse à certains événements récents soit compréhensible, elle se fait à partir de niveaux qui étaient déjà inhabituellement élevés», a souligné Glenn Stevens lors d’une conférence organisée par Citi.
Le gouverneur de la banque centrale australienne fait référence au report du «tapering» de la Fed mi-septembre. «Les termes de l’échange sont susceptibles de diminuer, et non d’augmenter, à partir de maintenant. Il est donc plutôt probable qu’à un certain moment dans le futur, le dollar australien soit significativement plus faible qu’aujourd’hui», a poursuivi le banquier central.
A la suite de ces propos, la devise australienne a reculé de près d’un centime sous 0,95 dollar. Supérieure à 1,05 dollar en avril, elle était tombée sous les 0,90 en août, lorsque les anticipations d’une baisse du programme de rachats d’actifs de la Fed étaient au plus haut. Le statu quo de la Réserve fédérale, couplé à une amélioration des prévisions de croissance en Chine pour fin 2013, ont fait repartir depuis le dollar australien à la hausse.
Avec des taux directeurs à 2,5%, parmi les plus élevés des grandes économies, l’Australie et sa devise sont une destination privilégiée des «carry trades». Dans leur portefeuille type, les stratégistes quantitatifs forex de SG CIB allouent ainsi les plus fortes positions longues aux dollars australiens et néo-zélandais, tandis que le billet vert est le plus vendu.
Les économistes sont divisés sur les marges de manœuvre de la banque centrale. «La rhétorique de la RBA ne changera probablement pas la tendance», selon BNP Paribas. Pour Citi, en revanche, «vu le niveau des taux directeurs, le marché sous-estime la liberté dont disposent les banquiers centraux australiens pour combattre la force de leur devise». D’autant que Glenn Stevens a minimisé les hausses de prix sur le marché immobilier consécutives à la faiblesse des taux.
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