La Banque d’Angleterre relance son programme de rachats d’actifs
La BoE espère redonner un coup de fouet à l’économie vacillante en rachetant 75 milliards de livres de titres
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Solenn Poullennec
Pour faire reculer la récession qui se profile à l’horizon, la Banque d’Angleterre a ressorti l’artillerie lourde. Réuni hier, le Comité de politique monétaire a voté le maintien de son taux à 0,5% mais il a décidé de relancer le programme d’assouplissement quantitatif, arrêté l’année dernière, en rachetant 75 milliards de livres (86 milliards d’euros) de titres d’Etat dans les quatre mois à venir.
Cette nouvelle mise porte le montant total du programme à 275 milliards de livres. L’annonce a surpris beaucoup d’analystes qui attendaient plutôt la mesure pour novembre, alors que les dernières minutes de la Banque avaient révélé que seul un membre du comité sur neuf prêchait pour la relance du programme.
Pour justifier ce mouvement, la banque centrale explique que «le repli de l’économie pourrait être plus important et durable qu’attendu». Non seulement la crise qui touche les partenaires économiques de la Grande-Bretagne menace sa croissance. Mais à l’intérieur du pays, le programme d’austérité pèse sur la demande et les difficultés de financement des banques contraignent l’allocation de crédit aux ménages et aux entreprises.
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C’est donc pour faire face à la morosité de la conjoncture que la BoE a relancé l’assouplissement quantitatif. Dans son dernier rapport trimestriel la banque avait estimé que le programme réalisé entre mars 2009 et janvier 2010 avait eu «des effets économiques significatifs». Il a, selon elle, augmenté le rythme de l’inflation de 0,75 à 1,5% tout en faisant progresser le niveau de PIB réel de 1,5 à 2% sur la période considérée.
Pas sûr pourtant que ce scénario se répète aussi facilement.Le premier programme d’assouplissement avait aussi été soutenu par la politique monétaire expansive de la Fed. Mais cette relance du programme d’assouplissement quantitatif en appelle d’autres début 2012, selon plusieurs économistes. «Nous ne serions pas surpris de voir le montant total des rachats d’actifs monter à 500 milliards de livres», estime James Knightley chez ING.
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