La Banque d’Angleterre prépare le terrain à une hausse de taux

Une enquête publiée par la BoE affirme qu’un resserrement de 2% serait sans impact majeur sur la consommation des ménages britanniques.
Alexandre Garabedian

La grande majorité des ménages britanniques pourrait supporter une hausse des taux directeurs de 2%. La Banque d’Angleterre l’a affirmé hier à l’occasion de la publication de son rapport trimestriel. La BoE «prépare le terrain à ses premières hausses de taux, et essaie de convaincre le marché que leur impact sera largement bénin», réagit Alberto Gallo, stratégiste chez RBS.

Le cabinet NMG Consulting a mené une enquête pour le compte de la BoE auprès de 6.000 ménages britanniques du 3 au 24 septembre. Environ 4% d’entre eux disent consacrer au moins 40% de leur revenu disponible au remboursement de leur dette hypothécaire. L’idée d’une hausse immédiate des taux directeurs de 200 points de base a été testée.

Première conclusion de l’enquête: dans un pays où les prêts immobiliers sont à taux variable, la proportion de ménages en détresse financière passerait de 1,3% à 1,8%. Cette prévision se fonde cependant sur celle d’une croissance concomitante des salaires de 10%. Dans le cas d’une stagnation des salaires, la part de ménages en détresse connaîtrait un quasi-doublement à 2,5%, soit au niveau du pic historique enregistré outre-Manche en 2007. «Ce dernier scénario, avec davantage de ménages vulnérables, nous paraît le plus probable, dans la mesure où les salaires continuent à stagner, note Alberto Gallo. Le salaire moyen hebdomadaire a seulement progressé de 1% sur un an au troisième trimestre, et a mis plus de six ans pour s’accroître de 10%».

L’économiste de Citigroup préfère voir le verre à moitié plein. «Nous sommes d’accord avec le message général consistant à dire que le bilan des ménages n’est pas trop fragile, indique-t-il. Leur ratio d’endettement par rapport au revenu disponible a continué à diminuer l’an dernier et se situe désormais au point le plus bas depuis le premier trimestre 2004, quand le taux de la BoE tournait autour de 4%».

Deuxième conclusion: six ménages emprunteurs sur dix réduiraient leurs dépenses, alors que seulement un épargnant sur dix envisagerait d’augmenter les siennes. Au total, la mesure amputerait d’un point les dépenses de consommation des ménages. Ces résultats «n’impliquent pas que des hausses graduelles de taux d’intérêt à partir des niveaux actuels historiquement bas auraient des effets inhabituellement importants sur les dépenses des ménages», en déduit la BoE. Un optimisme qui n’est cependant pas partagé par RBS.

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