La Banque d’Angleterre n’a pas figé la taille du QE2
La Banque d’Angleterre a, début octobre, décidé de relancer son programme de rachat d’actifs pour 75 milliards de livres sterling. Cette annonce, arrivée plus tôt que prévu, a été prise à l’unanimité, indiquent les minutes de la réunion, publiées hier. «La deuxième phase d’assouplissement quantitatif (QE2) est clairement un vote de défiance vis-à-vis de l’Europe, analyse Richard Barwell, économiste chez RBS. Si le comité de politique monétaire a révisé sa perspective à moyen terme sur la base de la situation économique mondiale en général et de l’Europe en particulier, cela signifie qu’il estime que le problème va persister».
La croissance sera proche de zéro au quatrième trimestre, estime la BoE dans ses minutes. L’institut d'émission a donc davantage basé sa décision sur l’activité économique que sur l’inflation, qui, elle, reste élevée. Après 4,5% en août, elle est montée à 5,2% en septembre, sous l’effet de la hausse de la TVA. Elle devrait ensuite retomber brutalement en 2012, anticipe la banque centrale.
En reprenant la même recette qu’en 2009, la Banque d’Angleterre espère obtenir le même résultat. «Il n’y a pas de raison de s’attendre à ce que les effets économiques des nouveaux rachats d’actifs soient sensiblement différents (de ceux observés en 2009-2010, ndlr), mais ils devront rester sous surveillance», lit-on dans les minutes. La taille du dispositif sera ajustée à la hausse comme à la baisse.
Des économistes craignent justement que les 75 milliards de livres débloqués par la BoE soient insuffisants pour obtenir un effet aussi marqué que la première fois. L’APF (Asset Purchase Facility) avait contribué à hauteur de 1,5 à 2 points au PIB entre 2009 et 2010. «Ils pourraient avoir besoin de faire plus cette fois-ci compte tenu des inquiétudes sur le système financier mondial, le ralentissement de la croissance mondiale et l’expérience relativement décevante du QE2 aux Etats-Unis», explique James Knightley, économiste chez ING. Une nouvelle annonce pourrait intervenir au premier trimestre. Concrètement, si le déficit budgétaire britannique se creuse durant les prochains mois, le gouvernement devra émettre plus de dettes, ce qui annulera partiellement les effets du dispositif de la BCE. «Davantage d’assouplissement quantitatif sera alors nécessaire pour obtenir les mêmes résultats», explique Simon Hayes, économiste chez Barclays Capital.
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