La banque centrale ukrainienne réagit en durcissant ses conditions monétaires
La hausse de son taux directeur de 300 pb à 9,5% et du taux au jour le jour de 700 pb à 14,5% a permis de calmer les tensions sur la hryvnia
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Patrick Aussannaire
Face à l’accroissement des tensions politiques en Ukraine, la banque centrale du pays a pris la décision surprise lundi soir de relever son taux directeur de 300 points de base (pb) pour le porter à 9,5% afin de stabiliser la hryvnia qui s’est dépréciée de 35% contre dollar cette année, soit la plus mauvaise performance parmi les plus de 170 devises suivies par Bloomberg.
La devise se reprenait de 10% hier pour revenir à une parité de 12 contre le billet vert, contre 8,4 mi-février. Une chute de la devise qui avait contaminé le système bancaire du pays avec une baisse de 10% des dépôts en hryvnia depuis le début de l’année et des dépôts en devises étrangères de 14%.
«La banque centrale considère comme une étape nécessaire d’accroître la valeur de sa devise nationale, afin de faire refluer l’inflation et de stabiliser la situation sur le marché monétaire», a ainsi expliqué l’autorité ukrainienne qui a également augmenté de 700 pb le taux de prêt de référence au jour le jour pour le porter à 14,5%. Le taux d’inflation s’est envolé des environs de zéro à 3,4% au mois de mars, du fait de la hausse des prix des importations.
«Cette décision aura un impact limité sur la partie très courte de la courbe des taux monétaires, alors que les maturités plus longues resteront largement insensibles du fait de la faible activité sur le marché interbancaire», explique Serhiy Yahnych, directeur des investissements chez UkrSibbank BNP Paribas. Le taux au jour le jour s’est envolé de 2,22% le 22 janvier à un record de plus de 30% mi-février, avant de revenir à 5,4% lundi. En revanche, le taux à un mois est resté élevé à 20%, contre 7,5% le 22 janvier et un plus haut de 25,2% atteint mi-février.
Le week-end dernier, le gouverneur de la banque centrale, Stepan Kubiv, a indiqué lors d’une conférence du FMI et de la Banque mondiale qu’un processus de passage en taux de change flottant était en cours et que l’autorité déterminera sa politique monétaire en fonction d’un objectif cible d’inflation dans les douze prochains mois. Des réformes saluées lundi par le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, qui a également annoncé un accord de prêt à l’Ukraine d’un milliard de dollars garanti par les Etats-Unis. «Si un durcissement monétaire peut contribuer à stabiliser la devise, un retournement de tendance ne pourra provenir que d’une décision attendue du FMI sur un soutien au pays», estime Serhiy Yahnych.
L’indice PMI manufacturier définitif confirme sa reprise en juillet à un plus haut depuis avril. Mais la croissance est surtout soutenue par les commandes passées. La dynamique reste faible notamment en France, en Italie et en Espagne. Point positif, les tensions sur les prix diminuent.
La devise nippone progresse lundi à un plus haut de trois mois, poursuivant son rebond initié la semaine passée après une intervention conjointe, confirmée, entre le Japon et les Etats-Unis. Le débouclage des positions vendeuses aide aussi.
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