La Banque centrale turque étudie de nouvelles mesures pour soutenir la lire
Elle envisage de jouer sur la liquidité et les réserves de change, mais écarte toujours une action sur le taux directeur
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Violaine Le Gall
Le gouverneur de la banque centrale de Turquie (CBT) a présenté hier de nouvelles pistes pour soutenir sa monnaie et lutter contre l’inflation. De début avril à début octobre, la lire a perdu 18% face au dollar compte tenu du retour de l’aversion pour le risque. Même si elle a légèrement remonté, à 1,76 contre un dollar hier, la lire est «sous-évaluée», a répété le gouverneur de la banque centrale lors d’une conférence de presse. Le niveau d'équilibre s'élèverait à 1,7 contre un dollar, d’après les économistes de RBS qui se basent sur le niveau auquel la banque centrale voulait stabiliser la devise, alors en hausse, entre octobre 2010 et juillet dernier.
Conséquence de la dépréciation de la devise, l’inflation grimpe. Elle ressortait à 7,64% en septembre et la CBT a relevé sa prévision pour la fin de l’année à 8,3% contre 6,9% précédemment, dans son rapport d’inflation publié hier.
Pour s’attaquer à ces deux chantiers, la banque centrale refuse encore de se lancer dans l’orthodoxie, le message d’une hausse de taux risquant d'être mal perçu dans le pays. Après avoir massivement vendu ses réserves de change pour enrayer la baisse de la lire, elle envisage de relever le plafond de réserves en devises que les banques sont autorisées à conserver, de 20 à 40 %. Elle cherche par ailleurs à réduire la liquidité sur la lire. Elle a ainsi annulé hier une opération de repo, malgré l’arrivée à maturité de 11 milliards de lires.
Enfin, si la CBT maintient son taux directeur à 5,75 %, elle a relevé le taux de prêt au jour le jour à 12,5 % le 21 octobre et le gouverneur Erdem Basci a indiqué hier que les taux de marché au jour le jour pourraient atteindre ce plafond.
La CBT se tient prête à prendre de nouvelles mesures selon l’actualité internationale, en particulier dans la zone euro, a ajouté le gouverneur.
Pour les spécialistes, la CBT n’en fait cependant toujours pas assez. «L'économie turque est en surchauffe depuis trop longtemps et la CBT aurait dû bouger plus tôt, avec le gouvernement, pour mettre en place un atterrissage en douceur», estime Timothy Ash, économiste chez RBS. Privilégier un resserrement de la liquidité à court terme pour stabiliser la lire, à des mesures permanentes, entraîne une très forte volatilité sur les taux et sur le change, soulignent les économistes de Barclays Capital. «Les investisseurs non-résidents doivent donc rester prudents sur les actifs locaux», avertissent-ils.
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