La banque centrale sud-africaine s’offre un nouveau chef qui séduit les marchés
L’Afrique du Sud s’offre un nouvel espoir. Les marchés ont salué la nomination du nouveau gouverneur de la banque centrale sud-africaine (SARB), Lesetja Kganyago, actuel directeur adjoint de l’autorité depuis 2011 chargé de la supervision bancaire et de la stabilité financière et qui fut également directeur général du Trésor entre 2004 et 2011.
L’annonce de son arrivée à la tête de la SARB en remplacement de Gill Marcus dont le mandat arrive à son terme le 8 novembre prochain a ainsi été suivie d’un rebond du rand de 1,2% contre dollar, à 11,21 hier. Si Lesetja Kganyago s’est instantanément inscrit dans la continuité du mandat de Gill Marcus, marqué par une politique de ciblage de l’inflation, Barclays estime que «l’équilibre des positions des membres de la SARB devrait pencher vers une politique plus contraignante».
Malgré son léger rebond, le rand accuse une chute de 9% depuis fin mai contre le billet vert, et de 32% depuis début 2013, avec des sorties de capitaux qui atteignent 12,2 milliards de rands sur les neuf premiers mois de l’année. Ce qui attise les tensions sur les prix avec une inflation à 6,4%. «La première décision du nouveau gouverneur ne devrait pas être simple, dans un contexte caractérisé par la faiblesse de la croissance économique et de l’activité, un taux d’inflation qui reste supérieur à la cible de 6% de la SARB et une devise qui demeure sous un niveau de pression sévère», alerte BNP Paribas. Le Crédit Agricole prévoit un ralentissement de la croissance du PIB sud-africain à 1,5% cette année, après 1,8% en 2013, et une inflation moyenne à 6%, après 5,5% l’an dernier.
L’économie sud-africaine souffre également d’un déficit courant qui devrait rester stable à 5,5% de son PIB cette année. Dans ce contexte, Barclays table sur un nouveau resserrement des taux de 25 pb à la prochaine réunion de la banque centrale le 22 novembre pour les porter à 6%, puis de 100 pb supplémentaires sur l’année 2015.
«Les actifs risqués en général et les marchés émergents comme l’Afrique du Sud en particulier, qui font face à de forts besoins de financement externes, pourraient traverser de fortes turbulences lorsque la Fed débutera son processus de normalisation monétaire», estime la banque. Les taux de swap prévoient une hausse des taux directeurs de 75 pb à horizon un an et 125 pb à deux ans. Des niveaux supérieurs de 25 et 50 pb à ceux anticipés il y a un mois.
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