La banque centrale russe s’obstine à ne pas vouloir baisser ses taux
Qu’attend la banque centrale russe (Bank Rossii) pour baisser ses taux directeurs? Depuis la prise de fonction d’Elvira Nabiullina à la présidence de l’autorité en juin dernier, nommée expressément par le président Vladimir Poutine pour mener une politique monétaire accommodante, les taux de refinancement, le taux «repo» et les taux de dépôts ont systématiquement été maintenus à respectivement 8,25%, 5,5% et 4,5%.
Les économistes étaient d’ailleurs très partagés sur l’issue de sa dernière réunion mensuelle qui s’est tenue vendredi, douze d’entre eux, sur les vingt interrogés par Bloomberg, tablant quand même sur le statu quo, notamment du fait du niveau d’inflation qui, à 6,5% en juillet, reste supérieur à la cible de la banque centrale qui tolère un dérapage des prix compris entre 5% et 6%.
Pourtant, le ton du communiqué n’est pas encourageant pour l’économie russe. «Le rythme de la croissance économique reste faible. Le taux de croissance de la production industrielle reste atone, et l’investissement en capacité de production continue de décroître. Dans ce contexte, une hausse du taux de chômage a été constatée ces derniers mois.» Après 3,4% en 2012 et 4,3% en 2011, le rythme de croissance a sensiblement ralenti pour tomber à 1,2% en rythme annuel au deuxième trimestre. Le consensus table sur une croissance de 2,8% en 2013.
Une prévision optimiste, l’économie devant croître à un rythme de plus de 3% au deuxième semestre pour atteindre 2,5% sur l’ensemble de l’année. Or, la banque centrale estime que «la faiblesse des investissements combinée à une reprise morose de la demande extérieure indiquent des risques persistants d’une poursuite du ralentissement économique.» Dans ce contexte, l’inflation évolue clairement sur une pente descendante, une large majorité d’économistes anticipant son retour sous les 6% avant la fin de l’année. Une prévision partagée par la Bank Rossii qui ajoute même qu’elle devrait poursuivre sa baisse sur l’année 2014.
Certes, la chute du rouble, de 10% contre dollar depuis début février, de 10,5% contre euro depuis début avril, et même de 12% contre yen depuis le 22 mai, menace le retour à la stabilité des prix. Pourtant, la banque centrale reconnaît elle-même qu’«il n’existe pas de pressions inflationnistes significatives du côté de la demande, la croissance du PIB évoluant légèrement en dessous de son potentiel.»
Plus d'articles du même thème
-
Plus patrimoniale, l’assurance vie poursuit son irrésistible aristocratisation
La grande bascule de l’assurance vie vers la gestion patrimoniale s'accélère. Porté par des versements records au premier semestre 2026, le placement phare des épargnants accentue sa montée en gamme, tirée par une clientèle aisée en quête d'allocations plus sophistiquées. Après les années de démocratisation alimentée par les bancassureurs, cette tendance redessine en profondeur l'équilibre entre fonds euros et unités de compte. -
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
Le pétrole reste suspendu aux incertitudes dans le détroit d’Ormuz
Les cours du brut sont repartis à la hausse alors que l’accord entre l’Iran et Oman n’assure pas une réouverture rapide du détroit. Le conflit s’étend désormais au Yémen et à l’Arabie saoudite. -
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives. -
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
L’opérateur de la Bourse suisse compte désormais 37 émetteurs d’ETF.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
ComplexificationCe décret passé inaperçu réorganise discrètement les ARS
Un décret publié début août au Journal officiel crée un nouvel échelon départemental dans les Agences régionales de santé. Loin des ambitions initiales de Sébastien Lecornu de les réformer « en profondeur » -
Choix publicsPrésidentielle : la destination avant le programme
Alors que les programmes se dessinent pour la cohorte des candidats, la tentation est grande d’oublier que c’est un récit de destin commun qui forge l’adhésion et non une liste de mesures techniques -
Série d'étéMichel Rocard en 1987 : l'essai vérité d'un éternel second rôle
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés