La banque centrale polonaise crée à nouveau la surprise sur ses taux

Après avoir pris les marchés à contre-pied le mois dernier en baissant ses taux, elle a récidivé mercredi en maintenant cette fois le statu quo.
Patrick Aussannaire

Le zloty est revenu dans le rang après la décision surprise prise mercredi par la banque centrale polonaise (NBP) de conserver l’ensemble de ses taux inchangés et son taux de référence à 2%. La devise restait à peu près stable hier contre euro et ne reprenait que 0,2% contre dollar depuis l’annonce, qui n’était pourtant anticipée que par 4 des 39 économistes interrogés par Bloomberg, alors que les marchés forward intégraient un assouplissement supplémentaire de 50 pb.

La NBP avait déjà pris à contre-pied les investisseurs le mois dernier en baissant son taux directeur de 50 pb et en réduisant de 100 pb l’écart entre le taux «lombard» et le taux de dépôt pour le ramener à 200 pb. Après être tombé à un plus bas historique de 1,66% avant la réunion, le taux à 2 s’est tendu de 15 pb pour revenir hier à 1,81%, un niveau proche de celui prévalant à l’issue de la précédente réunion du 8 octobre.

Depuis cette date, le zloty a cédé 1,2% contre euro et 3% contre le billet vert. Une dépréciation modérée qui ne devrait pas avoir un impact significatif sur les niveaux de croissance et de prix, tous deux sensiblement révisés à la baisse par la NBP mercredi. Si elle tablait en juillet sur un taux d’inflation entre 2,3% et 2,4% fin 2016, sa projection moyenne est désormais tombée à 1,45%, un niveau légèrement inférieur au bas de sa fourchette cible de 1,5% à 3,5%.

Parallèlement, la croissance devrait ralentir plus fortement que prévu à 3,2% cette année et 2,85% en 2015. «L’ajustement monétaire décidé en octobre et la stabilisation, malgré un certain ralentissement, de la croissance économique limitent les risques de voir l’inflation rester inférieure à son objectif à moyen terme», a expliqué la NBP. Son gouverneur Marek Belka a même estimé qu’il n’y «aucun risque» que l’inflation tombe sous cet objectif.

«Ces propos marquent un changement profond dans la fonction de réaction de l’autorité qui accorde moins d’importance à l’objectif d’inflation et davantage à la croissance», estime CA CIB. Or, c’est le changement de vote d’un seul des membres, Elzbieta Chojna-Duch, motivé par le rebond de l’indice PMI de 1,7 point à 51,2 en octobre après trois mois en zone de contraction, qui a fait pencher la balance en faveur du statu quo à 4 votes contre 6.

Dans ce contexte, «l’évolution de l’activité sera déterminante dans l’orientation de la politique de la NBP», selon ING.

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