La Banque centrale indienne va devoir assouplir sa politique restrictive

Avec une inflation en recul, une baisse du ratio des réserves de trésorerie est attendue d’ici fin mars 2012, mais pas de baisse de taux
Patrick Aussannaire

Comme ses voisins asiatiques, l’Inde se met au diapason de la crise mondiale. Le rythme de hausse des prix au détail a ralenti à 9,11% au mois de novembre, après 9,73% en octobre. Même si elle est légèrement au-dessus du seuil des 9% et des anticipations du consensus Reuters de 9,04%, la hausse des prix alimentaires a ralenti à 8,54% (contre plus de 11% en octobre) et à 6,6% sur la semaine achevée le 26 novembre, soit son plus faible niveau depuis plus de trois ans. La Banque centrale indienne (RBI) anticipe un ralentissement de l’inflation à 7% d’ici fin mars 2012.

D’autant que les signes de ralentissement de la croissance se multiplient. La production industrielle a chuté de 5,1% en rythme annuel au mois d’octobre pour la première fois depuis plus de deux ans et bien au-delà du consensus qui anticipait une baisse de 0,7%. La production manufacturière, qui représente les trois quarts de la production industrielle, a chuté de 6% en octobre et la production de biens d’équipement, considérée comme le baromètre de la confiance des investisseurs, a chuté de 25,5%. Même si le secteur manufacturier ne pèse que 16% du PIB indien, la croissance a connu son plus faible niveau au deuxième trimestre depuis deux ans à 6,9%.

«Si l’inflation ralentit significativement dans les prochains mois, cela pourrait ouvrir la voie à un assouplissement monétaire de la part de la RBI» estime GaveKal, après 13 resserrements du taux directeur d’un total de 375 pb à 8,5%. Le taux à 10 ans a baissé de 27 pb sur le mois pour tomber à 8,46% hier. A sa prochaine réunion prévue vendredi, la RBI devrait observer le statu quo selon le consensus Reuters, un assouplissement étant prématuré compte tenu de la résistance de l’inflation. Cependant, cinq des onze économistes interrogés anticipent une baisse du ratio des réserves de trésorerie d’ici fin mars 2012. «La RBI dispose d’une marge de manœuvre importante pour accroître la liquidité dans les prochains mois» estime aussi GaveKal.

Dans ce contexte, une réappréciation de la roupie n’est pas pour demain. La devise indienne a touché un nouveau plus bas hier à 53,68 contre dollar, accusant une chute de 21% depuis août. Et Nomura anticipe un nouvel affaiblissement de la parité à 55. Moody’s a indiqué hier que la baisse de la roupie a un impact modéré sur les sociétés indiennes, ouvrant ainsi la porte à un discours moins restrictif de la RBI.

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