La banque centrale indienne donne un dernier tour de vis monétaire
L’Inde pourrait mettre fin à son cycle de resserrement monétaire. La banque centrale du pays (RBI) a relevé hier son principal taux directeur de 25 bp à 8,5% et son taux d’emprunt auprès des banques à 7,5%, sa treizième hausse des taux depuis mars 2010. Elle a néanmoins maintenu son taux de réserves obligatoires à 6%, et a décidé de relâcher le contrôle jusqu’ici exercé par le régulateur sur les taux d’épargne en laissant les banques libres de le fixer de manière autonome. L’indice des prix de gros a progressé à un rythme annuel de 9,72% en septembre, tiré par la hausse des prix alimentaires qui s’est accélérée à 10,6% début octobre.
Et la chute de la roupie n’est pas de nature à calmer les tensions inflationnistes, les importations pesant 22% de l’économie du pays. La devise a ainsi dévissé de 8,25% contre euro à 69,09 et de 11,8% contre dollar à 49,629 sur les trois derniers mois. «La dépréciation de la devise a exercé une pression supplémentaire sur les prix, augmentant les inquiétudes d’une inflation importée», estime Madan Sabnavis, économiste chez Care Ratings.
Sans compter que la grogne monte du côté des salariés qui réclament des hausses de salaire. «Alors que les pressions sur la demande sont montées du fait des hausses de salaires et de la hausse des déficits publics (le déficit cumulé a augmenté de 80% en août en un an), le resserrement de l’offre (dans le secteur agricole, les transports et l’énergie) provient de la faible croissance dans les investissements en infrastructures» explique Natixis.
Si la décision était largement attendue, la RBI a néanmoins indiqué que cette hausse pourrait être la dernière de son cycle: «malgré la persistance du niveau d’inflation en novembre, la probabilité d’un nouveau durcissement à la réunion de décembre est relativement faible». Et de préciser que «si la trajectoire d’inflation confirme nos projections, de futures hausses de taux pourraient ne pas être justifiées».
La prévision de croissance a en effet été révisée à la baisse pour l’année fiscale en cours, à 7,6% contre 8% précédemment, et la prévision d’inflation a été maintenue à 7%. Au deuxième trimestre, le PIB a augmenté de 7,7%, son rythme le plus faible des six derniers trimestres. Et Natixis de prévoir que «la hausse du coût du crédit devrait conduire à un ralentissement immobilier et de la demande de prêts, contribuant au ralentissement économique».
Plus d'articles du même thème
-
L'ancien directeur financier de Pfizer rejoint Nike
David M. Denton rejoindra le fabricant sportif en tant que vice-président exécutif et directeur financier le 17 août prochain. -
EXCLUSIFCoinhouse fait son marché chez les acteurs non régulés
La plateforme met la main sur les utilisateurs de la plateforme Bitget, sur la liste noire de l'AMF et sur Tilvest, le partenaire crypto des CGP et CIF qui n'a pas réussi à obtenir l'agrément MiCA. -
Atos avance dans son processus de refinancement
L'entreprise de services numériques avait émis au printemps dernier 1,25 milliard d'euros de dette obligataire afin de rembourser des financements anciens plus coûteux. -
Le Crédit Agricole va prendre 9,9% du capital de Cajamar en Espagne
Cette prise de participation dans le premier groupe bancaire coopératif espagnol s'accompagne de partenariats dans l'asset servicing, le factoring ou le leasing. -
Le Venezuela avance sur la restructuration de son énorme dette
La restructuration de la dette du Venezuela, estimée à 240 milliards de dollars, selon le FT, sera longue et complexe en raison de la multitude des créanciers. Une décote de 50% est anticipée par le marché. -
Le marché du travail américain ne plaide pas pour deux hausses de taux
Malgré un redémarrage des créations d’emplois en mars-avril-mai, le marché du travail ne se tend pas pour autant, indique une note d’Oxford Economics. La progression des salaires nominaux a un effet neutre, voire légèrement désinflationniste. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Fed devrait s’abstenir de relever ses taux cette année.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
- AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
Contenu de nos partenaires
-
Canicule : ces autorisations spéciales d'absence accordées à certains profs
Certains rectorats font preuve de souplesse pour les enseignants vulnérables aux chaleurs extrêmes -
EntrebâillementLa très incertaine réouverture du détroit d'Ormuz
L'Iran semble prêt à desserrer son étau sur le passage stratégique, mais multiplie les signaux contradictoires -
AnachronismeEn pleine canicule, le quartier européen de Bruxelles ressemble à un four
La chaleur qui frappe la capitale belge est particulièrement intense au cœur du quartier des institutions