La banque centrale indienne donne un dernier tour de vis monétaire
La RBI a relevé son principal taux directeur de 25 bp à 8,5 % et baissé ses prévisions de croissance à 7,6 % pour l’année fiscale en cours
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Patrick Aussannaire
L’Inde pourrait mettre fin à son cycle de resserrement monétaire. La banque centrale du pays (RBI) a relevé hier son principal taux directeur de 25 bp à 8,5% et son taux d’emprunt auprès des banques à 7,5%, sa treizième hausse des taux depuis mars 2010. Elle a néanmoins maintenu son taux de réserves obligatoires à 6%, et a décidé de relâcher le contrôle jusqu’ici exercé par le régulateur sur les taux d’épargne en laissant les banques libres de le fixer de manière autonome. L’indice des prix de gros a progressé à un rythme annuel de 9,72% en septembre, tiré par la hausse des prix alimentaires qui s’est accélérée à 10,6% début octobre.
Et la chute de la roupie n’est pas de nature à calmer les tensions inflationnistes, les importations pesant 22% de l’économie du pays. La devise a ainsi dévissé de 8,25% contre euro à 69,09 et de 11,8% contre dollar à 49,629 sur les trois derniers mois. «La dépréciation de la devise a exercé une pression supplémentaire sur les prix, augmentant les inquiétudes d’une inflation importée», estime Madan Sabnavis, économiste chez Care Ratings.
Sans compter que la grogne monte du côté des salariés qui réclament des hausses de salaire. «Alors que les pressions sur la demande sont montées du fait des hausses de salaires et de la hausse des déficits publics (le déficit cumulé a augmenté de 80% en août en un an), le resserrement de l’offre (dans le secteur agricole, les transports et l’énergie) provient de la faible croissance dans les investissements en infrastructures» explique Natixis.
Si la décision était largement attendue, la RBI a néanmoins indiqué que cette hausse pourrait être la dernière de son cycle: «malgré la persistance du niveau d’inflation en novembre, la probabilité d’un nouveau durcissement à la réunion de décembre est relativement faible». Et de préciser que «si la trajectoire d’inflation confirme nos projections, de futures hausses de taux pourraient ne pas être justifiées».
La prévision de croissance a en effet été révisée à la baisse pour l’année fiscale en cours, à 7,6% contre 8% précédemment, et la prévision d’inflation a été maintenue à 7%. Au deuxième trimestre, le PIB a augmenté de 7,7%, son rythme le plus faible des six derniers trimestres. Et Natixis de prévoir que «la hausse du coût du crédit devrait conduire à un ralentissement immobilier et de la demande de prêts, contribuant au ralentissement économique».
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