La banque centrale de Suède pourrait assouplir davantage sa politique monétaire
La banque centrale de Suède, la Riksbank, dont les gouverneurs se réunissent à partir de demain, pourrait annoncer un nouvel assouplissement de sa politique monétaire dans les mois qui viennent, alors qu’elle a déjà pris des mesures sans précédent depuis le début de l’année pour combattre la déflation.
En février, soit peu après l’annonce par la Banque centrale européenne (BCE) du lancement de son programme d’assouplissement quantitatif (QE), la banque centrale de Suède, arguant que la baisse des prix du pétrole pourrait peser sur les anticipations d’inflation, a lancé son propre programme d’achats de titres souverains et a abaissé son taux de repo en territoire négatif. La banque centrale cible un taux d’inflation annuel à 2%. En raison des incertitudes pesant sur la situation économique en zone euro et de la force plus importante que prévu de la couronne, la banque centrale a poursuivi sa politique d’assouplissement dans les mois qui ont suivi. En juillet dernier, elle a décidé d’abaisser le taux de repo à -0,35% et d’augmenter son programme d’achats de titres d’Etat de 45 milliards de couronnes au-delà de septembre et jusqu’à la fin de l’année. De quoi porter le QE jusqu'à 135 milliards de couronnes.
En juillet, le taux d’inflation annuel en Suède est ressorti à -0,1% alors qu’il était de -0,4% un mois plus tôt et la croissance est ressortie en hausse de 3% sur un an au second trimestre. Néanmoins, la chute des prix du pétrole pourrait pousser la Riksbank à abaisser une nouvelle fois son taux de repo à -0,45%, selon l’analyste de Nomura, Torbjoern Isaksson. Si celui-ci ne s’attend pas à ce que la Riksbank annonce une extension de son QE lors de la conférence de presse qui suivra la réunion des gouverneurs jeudi, il n’exclut pas qu’elle puisse le faire plus tard.
L’économiste de Barclays, Nikolaos Sgouropoulos, estime qu’un changement de politique monétaire lors de la réunion de cette semaine n’est pas justifié. Il reste cependant prudent, compte tenu de «l’activisme de la banque centrale». «Un nouvel assouplissement ne peut pas être exclu si le recul des prix de l’énergie et les inquiétudes sur la croissance se renforcent, surtout si les banques centrales des partenaires commerciaux assouplissent leur politique monétaire», écrit-il.
Selon un analyste de JPMorgan, Alexander Wojt, la banque centrale pourrait même élargir l’année prochaine ses achats d’actifs à des obligations sécurisées pour éviter de perturber les marchés avec trop d’achats de titres souverains.
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