La banque asiatique pour les infrastructures gagne des soutiens de poids

Malgré les réticences américaines, la France, l’Allemagne et l’Italie vont rejoindre la banque d’investissement lancée par la Chine
Olivier Pinaud

L’Europe brave les réticences américaines. Après le Royaume-Uni la semaine dernière, la France, l’Allemagne et l’Italie ont officialisé leur volonté de devenir membres fondateurs de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) lancée par la Chine, au risque de s’aliéner les Etats-Unis, qui ont émis des doutes sur la gouvernance et la transparence de cette nouvelle institution.

Selon ces nouveaux membres, l’AIIB aura «vocation à travailler en partenariat avec les banques multilatérales d’investissement et de développement existantes», à savoir la Banque asiatique de développement (BAD) et la Banque mondiale. Elle «pourra jouer un rôle important dans le financement des infrastructures dont l’Asie a un besoin majeur», assurent-ils.

L’AIIB a été créée à Pékin en 2014 avec pour objectif de promouvoir l’investissement dans les transports, l'énergie ou les télécommunications dans les pays en développement d’Asie. Elle est perçue comme un moyen pour la Chine, deuxième puissance économique mondiale mais qui dispose de droits de vote limités dans les institutions financières existantes, d'étendre son influence dans la région. «Notre message aux Chinois a toujours été d’accueillir favorablement le principe d’investissements dans les infrastructures mais d’exiger en même temps la preuve irréfutable (...) que cette banque prendra pour point de départ le niveau élevé de gouvernance qu’ont adopté d’autres banques de développement multilatérales», a déclaré Daniel Russel, secrétaire d’Etat adjoint américain pour l’Asie de l’Est et le Pacifique. Selon l’agence Chine nouvelle, la Suisse, le Luxembourg et la Corée du Sud envisageraient aussi d'être membres fondateurs de l’AIIB. La position de l’Australie, restée à ce jour à l'écart, pourrait évoluer. En revanche, le cas du Japon est plus compliqué. Le pays est avec les Etats-Unis le principal financier de la BAD, dont la présidence est, par convention, assurée par un de ses ressortissants. Il est donc peu probable que Tokyo rejoigne l’AIIB même si le président de la BAD, Takehiko Nakao, a déclaré au journal Nikkei Asian Review que son institution discutait avec la nouvelle venue et pourrait coopérer avec elle.

La charte fondatrice devrait être finalisée en fin d’année. Ses articles feront l’objet de discussions entre les pays membres lors d’une réunion prévue du 29 au 31 mars à Almaty, au Kazakhstan, selon Reuters.

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