La banque allemande IKB s’enfonce un peu plus dans la crise
La cotation d’IKB a dû être suspendue hier matin à la Bourse de Francfort, après l’annonce par l’établissement, plombé par la crise des crédits, de nouvelles dépréciations sur son portefeuille d’au moins 590 millions d’euros.
Elle s’est donc trouvée contrainte de demander à son principal actionnaire, la banque KfW, l’injection de 450 millions d’euros de capitaux nouveaux, sous forme d’un prêt, en sus de l’apport de 600 millions d’euros déjà effectué en février. Selon IKB les dépréciations se composent de 450 millions d’euros sur son portefeuille d’actifs à haut risque de trois milliards d’euros et de 140 millions sur un autre portefeuille de 2,8 milliards d’euros rassemblant des produits moins risqués. Autre conséquence de cette aggravation, IKB s’attend désormais à une perte nette de 800 millions d’euros pour l’exercice 2007-2008 s’achevant fin mars, soit 100 millions de plus que prévu auparavant. Pire, la banque admet qu’en raison de ses difficultés persistantes, elle ne se sera «probablement pas en mesure de dégager un bénéfice pendant plusieurs exercices à venir».
Mercredi IKB avait déjà dû interrompre le processus de cession de ses actifs en raison du faible écho rencontré sur les marchés. Or, la vente de ces portefeuilles est considérée par les analystes comme une condition préalable à la cession projetée de la banque. L’aggravation de la crise est une mauvaise nouvelle pour KfW qui espérait boucler la vente de sa participation de 43,4 % dans IKB dans le courant de l’été. Désormais Berlin, qui est le principal propriétaire de KfW, évoque une vente au cours du troisième trimestre. Les prétendants ont jusqu’à fin avril pour présenter leurs offres. Mais les candidats à la reprise ne se bousculent pas. Au contraire, les unes après les autres les grandes banques allemandes intéressées au départ, dont Commerzbank et DZ Bank, ont déclaré forfait. Les analystes estiment qu’il n’y a plus que trois ou quatre candidats sérieux en lice. Outre la banque suédoise SEB, les groupes financiers JC Flowers et Ripplewood, c’est le nom de la banque du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, WestLB qui est le plus souvent cité. Telle serait en tout cas la volonté des autorités politiques de la région. Puisque WestLB est elle-même victime de la crise des crédits, les analystes parlent déjà de la socialisation des pertes de deux instituts considérés comme «cliniquement morts».
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