La baisse record de la production de l’Opep n'évite pas une chute record du prix du pétrole

La hausse des stocks de brut américains et l’aggravation de la situation économique ont pris la pas sur la réduction de 2,2 millions de bpj
La Rédaction

On attendait l’Opep, l’organisation a agi en conséquence. Les membres du cartel réunis à Oran sont tombés d’accord pour une nouvelle réduction de 2,2 millions de barils par jour de sa production, portant à 4,2 millions le total de la baisse par rapport au niveau de production de septembre (qui se montait à 29,045 millions de bpj).

Il s’agit de la plus forte réduction de la production de l’histoire de l’Opep, qui tente ainsi d’endiguer la chute des cours du brut et aussi répondre au recul de la demande mondiale. La nouvelle baisse sera effective à compter du 1er janvier. En revanche l’appel aux pays non-membres de l’Opep à réduire leur production n’a pas été entendu. Le vice-Premier ministre russe Igor Sechine s’est contenté de répondre que si «les prix actuels sur le marché mondial du pétrole se maintiennent, les compagnies pétrolières russes vont être obligées de réduire les volumes d’approvisionnement l’année prochaine de 16 millions de tonnes (320.000 barils par jour)».

La publication des stocks américains n’a toutefois pas contribué à faire remonter les cours : ils ont augmenté un peu plus que prévu la semaine dernière, de 500.000 barils à 321,3 millions de barils, alors que le marché n’attendait qu’une hausse de 300.000 barils, suivant les données publiées mercredi par l’Agence américaine d’information sur l'énergie (EIA).

Les réserves d’essence sont également en hausse de 1,3 million de barils, à 204,0 millions, un peu moins que prévu toutefois (1,4 million attendu). L’Institut américain du pétrole (API) a par ailleurs fait savoir que la demande américaine de pétrole et produits pétroliers avait baissé de 7,4% en novembre, par rapport à novembre 2007. La demande n’avait jamais été aussi faible, pour un mois de novembre, depuis 1998.

Le cours du baril de brut a subi une valse hésitation dont il a le secret. Après avoir fortement aggravé ses pertes mercredi à l’issue de la publication des stocks américains, il les a ensuite réduites après l’annonce de l’Opep pour finalement repartir à la baisse. Le pétrole est tombé jeudi brièvement sous la barre des 40 dollars le baril pour la première fois depuis juillet 2004. En soirée, le brut léger américain livraison janvier reculait de 3,18 dollars, soit 7,29% à 40,40 dollars après être tombé quelques minutes auparavant à 29,88 dollars le baril.

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