La baisse prononcée de l’inflation touche aussi les Etats-Unis
En harmonisant le mode de calcul de l’indice CPI américain sur celui de la zone euro, l’inflation serait passée en zone négative aux Etats-Unis.
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Patrick Aussannaire
La Fed sous-estime-t-elle la désinflation aux Etats-Unis ? «Si l’indice sous-jacent CPI américain était calculé sur le même mode que celui de la zone euro, l’inflation sous-jacente aux Etats-Unis serait au même niveau que celle de la zone euro malgré une économie nettement plus forte», estime Albert Edwards, chez SG CIB. En ôtant la composante «équivalent loyer» qui représente 24% du CPI sous-jacent américain et qui n’existe pas dans sa version européenne, l’inflation sous-jacente serait déjà en territoire négatif aux Etats-Unis, alors qu’elle est de +0,6% en zone euro.
Le taux d’inflation mesuré par l’indice sous-jacent PCE privilégié par la Fed a quant à lui reculé à 1,3% et pourrait tomber à un plus bas de 1,1% dans les prochains mois sous l’effet de l’expiration des hausses de remboursements du programme «Medicaid», de la baisse des prix énergétiques et de la hausse du dollar, selon BNP Paribas. Si ce niveau reste supérieur à celui de la zone euro, sa baisse récente s’est transmise aux anticipations de long terme, comme en Europe. Le taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans a reculé de 80 pb depuis mi-2014 pour tomber à 2,20%, mais reste supérieur de 60 pb à son équivalent européen.
«L’économie américaine peut ralentir et l’inflation reculer, une première hausse des taux Fed funds aura bien lieu», estime Aurel BGC. La Fed prévoit que la baisse de l’inflation soit temporaire, avec des anticipations de 5 à 10 ans issues de l’enquête du Michigan qui restent ancrées à 2,8%. BNP Paribas anticipe un retour de l’inflation sous-jacente CPI à 2,3% et PCE à 2,1% en mars 2016 une fois les prix du pétrole stabilisés. La Fed attend néanmoins une accélération de la hausse des salaires (2,2% sur un an en janvier) pour déclencher son processus de normalisation monétaire.
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