«La baisse du yen se traduit progressivement sur la croissance»
Pascal Gilbert, co-responsable de la gestion obligataire chez La Française AM
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Solenn Poullennec
- L’Agefi : Quel est l’impact sur le taux de change euro/dollar de la réunion de la BCE de jeudi ?
- Pascal Gilbert : Le marché nous semble marginalement déçu du discours de Mario Draghi, qui bien que ne fermant aucune porte, a eu des propos, depuis longtemps, un peu en retrait des attentes des acteurs financiers qui se sont persuadés qu’un assouplissement quantitatif (QE) souverain était déjà programmé pour le premier trimestre 2015. A court terme, cela pourrait provoquer l’arrêt de la baisse de l’euro sans pour autant se traduire par un rebond significatif. Nous nous attendons ainsi à peu de mouvement (1,22 à 1,255) d’ici au 17 décembre lorsque que le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se réunira et décidera s’il supprime ou non de son communiqué le terme «considerable time» pour le maintien de ses taux directeurs à 0%. Pour notre part nous pensons que ce terme sera retiré.
- Jusqu’à quel point le yen pourrait-il encore s’affaiblir face au dollar et face à l’euro ?
- Le marché a en ligne de mire l’objectif de 120-122 yens par dollar. Nous ne sommes plus très loin de la borne haute. Si pendant longtemps, on a peu observé d’effets bénéfiques de la baisse du yen, la progression récente des exportations en volume montre maintenant que celle-ci est en train de se traduire positivement sur la croissance. Contre euro, si la baisse du yen est moins impressionnante, il n’en demeure pas moins que l’on atteint les niveaux de 2008 où l’ensemble des économistes s’accordaient à dire que l’euro était trop fort contre le yen. 150 yens par euro nous semble un bon point d’entrée sur la parité, d’autant que sur ce «cross» la volatilité et le stress restent en faveur de la devise nippone.
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