La baisse des anticipations d’inflation contrarie la Fed
La réunion de mercredi devrait entériner la fin des rachats d’actifs. Mais le recul de l’inflation décale le début de son processus de remontée des taux.
Publié le
Patrick Aussannaire
Sauf coup de théâtre, la Fed devrait tirer le rideau final sur sa politique de rachats d’actifs à l’issue de sa prochaine réunion mercredi, et laisser ainsi les Treasuries fluctuer sans entrave. Pourtant, le rendement à 10 ans est revenu à 2,34% et affiche une détente de 38 pb depuis mi-septembre et de 79 pb depuis le début de l’année lorsqu’il avait franchi la barre des 3%. Sur la partie 2 ans, le taux avait certes anticipé le relèvement prochain des taux directeurs en atteignant il y a un mois 0,59%, son plus haut niveau depuis mai 2011, mais il a depuis reculé de 21 pb pour tomber à 0,37%. Cette baisse reflète «l’incertitude sur les perspectives économiques mais aussi la fonction de réaction de la Fed», selon Barclays.
Certes, «les Etats-Unis continuent de produire des chiffres de bonne facture laissant entendre que l’activité est de plus en plus auto-entretenue et capable de se dispenser progressivement d’une politique monétaire ultra-accommodante», comme le souligne Natixis. La banque attend une croissance de 2,7% au troisième trimestre et un taux de chômage en baisse à 5,5% mi-2015. Dans ce contexte, le «risque d’une remontée plus brutale des taux longs est toujours présent», ajoute Natixis. Ce qui devrait conduire la Fed à conserver un biais accommodant.
Plusieurs membres du FOMC se sont par ailleurs inquiétés de la détérioration des perspectives d’inflation due à la hausse du dollar pour certains, le faucon de la Fed de Saint Louis James Bullard évoquant même un décalage de la fin du «tapering». «Les conditions d’inflation ne démontrent pas seulement les problèmes de liquidité et des aspects saisonniers des TIPS, mais aussi que les anticipations ont fortement reculé», estime BNP Paribas. Le point mort d’inflation 5 ans anticipé dans 5 ans a chuté de 33 pb depuis mi-août pour revenir à 2,33%, son plus faible niveau depuis avril.
«S’il continue à baisser, la Fed risque sérieusement de voir les marchés considérer le manque d’inflation comme le reflet de son incapacité à la faire rebondir, plutôt que comme sa volonté de ne pas la voir devenir incontrôlable», avertit BNP Paribas. L’écart entre prévisions de marchés et celles du FOMC sur l’évolution des taux Fed funds s’est creusé, avec une chute de 32 pb depuis fin septembre du taux tiré des contrats Fed funds à décembre 2015. Les marchés n’anticipent qu’une seule hausse de taux l’an prochain, alors que le FOMC prévoit en moyenne des taux à 1,375% fin 2015, avec une forte disparité entre ses membres.
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe.
Le Panel Actions peine à suivre la nouvelle progression des Bourses américaine et japonaise en mai. Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 pourraient gagner 2,6% à six mois et au moins 5% en un an. Wall Street ne gagnerait que 3% en un an.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
A Strasbourg, l'assemblée générale annuelle de la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe, le navire amiral du groupe, est une grand-messe destinée à mobiliser les élus et les salariés. Le digital, l'IA et la concurrence des néobanques ont émaillé tous les discours.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Les marchés actions ont effacé la correction de mars pour repartir à l’assaut des sommets, notamment Wall Street, portés par une vague de bénéfices exceptionnels et une forte révision à la hausse des perspectives, grâce à l’IA. Mais cette euphorie ne doit pas occulter les nombreux risques encore à l’œuvre.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
La justice va désormais prendre le relais de la police pour juger les casseurs. L’an dernier, Gérald Darmanin avait jugé les peines « pas à la hauteur »