«La baisse de taux de la BCE devrait avoir des bénéfices très limités»
- L’Agefi : Quels bénéfices attendez-vous de la baisse du taux de refi de la BCE sur les marchés ?
- Matthieu Louanges : Cette baisse devrait avoir des bénéfices très limités et peu ou pas d’impact sur l'économie réelle. Les taux de marché étaient déjà très bas et les taux de financement des entreprises et des particuliers ne devraient pas être influencés. Le taux Eonia affiche depuis des mois un niveau inférieur à 0,10% et le taux Euribor 3 mois était déjà très bas, à environ 21 points de base. Comme l’a souligné Mario Draghi, c’est donc plutôt le resserrement des spreads de taux de financement entre les pays périphériques et les pays core de la zone euro qui représente une bonne nouvelle. Le mécanisme de transmission de la politique monétaire à l’ensemble de la zone s’est en effet considérablement amélioré ces derniers mois. Cela représente, selon nous, une évolution plus significative pour l'économie que la dernière baisse des taux.
- Dans quelle mesure cette baisse peut-elle soutenir l’économie européenne?
- Même avec des conditions de crédit très avantageuses, nous n’observons pas encore de reprise de la croissance du crédit en Europe, ce qui ne vient pas de l’offre mais plutôt du manque de demande. Ce sont donc des facteurs comme la croissance mondiale ou les politiques budgétaires et de réformes qui encourageront la prise de risque, la reprise des investissements et la croissance du crédit. Enfin, la mise en place d’une véritable union bancaire européenne, en réduisant définitivement le lien entre risque de dette souveraine et risque bancaire, sera aussi une mesure très importante pour l'économie européenne, probablement davantage que l’abaissement du taux de refi de la BCE à 0,50%.
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