«La baisse de l’euro devrait enclencher une hausse des anticipations de bénéfices»
- L’Agefi: La politique de la BCE vous conduit-elle à vous renforcer en actions ?
- Didier Campa: Les mesures annoncées par la BCE ont dépassé les attentes et prouvent à nouveau la détermination de la banque centrale à aider la croissance et endiguer tout risque de déflation. Ce QE est favorable aux actifs risqués et en premier lieu aux actions de la zone euro. La baisse de la devise unique, conséquence de cette politique monétaire ultra-accommodante, conjuguée à la chute du baril et au bas niveau des taux d’intérêt devrait enclencher pour la première fois depuis trois ans des révisions à la hausse des anticipations de bénéfices. Ces éléments sont positifs pour les actions de la zone euro. Etant positifs sur les actions de la zone euro depuis longtemps, les annonces de janvier nous ont confortés dans nos positions sans pour autant nous inciter à les renforcer.
- Comment interprétez-vous la baisse du prix du pétrole ?
- Certains investisseurs s’inquiètent de la chute brutale du prix du baril estimant qu’elle reflète un ralentissement de la croissance mondiale. La chute du baril serait liée, selon eux, à un choc de demande. Nous estimons que la chute du baril, même si elle est en partie expliquée par une moindre demande, correspond avant tout à un excès d’offre. La production américaine, alimentée par le pétrole de schiste, est en forte croissance depuis plusieurs années. En 2014, un facteur a précipité les prix à la baisse : le refus de l’Arabie Saoudite de réduire sa production pour réguler le marché. Ce contre-choc pétrolier constitue une aubaine pour la croissance : il redonnera du pouvoir d’achat aux ménages et favorisera les marges des entreprises consommatrices d’énergie.
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