La «bad bank» irlandaise semble promise à une refonte complète

Un rapport d’audit sur la structure de défaisance des prêts toxiques des banques préconiserait une privatisation dans les prochaines années
Patrick Aussannaire

La NAMA envisage de se privatiser. Selon des sources concordantes, un rapport d’audit dirigé par l’ancien directeur général d’HSBC, Michael Geoghegan, sur la banque publique de défaisance chargée de racheter les prêts à risque des banques irlandaises, la «National Asset Management Agency», recommanderait au gouvernement de céder l’entité dans les prochaines années, une fois qu’un rebond du marché immobilier lui permettra de dégager des profits.

La banque, dont la note a été placée hier sous surveillance négative par Standard & Poor’s, a accusé une perte de 1,18 milliard d’euros l’an dernier du fait de la poursuite de la correction des prix immobiliers. Et cette chute n’est pas achevée. Selon l’indice global calculé par l’agence immobilière Knight Frank, les prix en Irlande ont cédé 14,3% au troisième trimestre, soit la plus forte chute sur les 51 pays passés au crible par l’enquête. Depuis le début de la crise en 2008, la chute des prix de l’immobilier résidentiel et commercial en Irlande a atteint 60%.

Le gouvernement irlandais espère néanmoins qu’en cédant progressivement des prêts immobiliers ou des biens adossés à ces prêts, la NAMA pourra dégager des profits et passer du statut de simple structure de défaisance à une société immobilière. Le budget 2012 dévoilé mardi par le ministre des finances Michael Noonan prévoit, en contrepartie des hausses d’impôts, une série de mesure de relance du marché immobilier et de soutien aux exportations.

Le rapport préconise également qu'à plus court terme la banque envisage de récupérer une part des 20 milliards d’euros de prêts, dont les procédures de recouvrement de 600 agences sont actuellement gérées pour son compte par des banques locales, dont Bank of Ireland et Allied Irish Banks. La NAMA ne gère en revanche directement que les prêts des 170 principales agences.

Le rapport, qui devrait être rendu public dans les prochains jours, recommande également une refonte complète de son mode de gouvernance. Un plus grand nombre d’experts du marché immobilier dans le conseil d’administration est notamment requis ainsi qu’un plan de succession dans le cas d’un départ de l’actuel directeur général de l’agence, Brendan McDonagh. La NAMA a versé quelque 31 milliards d’euros pour racheter près de 75 milliards de prêts immobiliers toxiques afin de les expurger des bilans des banques qui ont dû accepter une décote moyenne de 58%.

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