La « bad bank » espagnole devrait être sur pied fin août
Le 24 août prochain sera une date clé pour l’assainissement du secteur bancaire espagnol. Le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, a annoncé qu’à cette date une loi sera adoptée pour créer la fameuse «bad bank», la structure de défaisance dans laquelle seront isolés les actifs toxiques issus de l’immobilier. Les banques espagnoles en regorgent: l’exposition du secteur bancaire atteindrait 184 milliards d’euros selon la banque d’Espagne. Selon le quotidien Expansion, le Fonds de restructuration du secteur bancaire (Frob) a sélectionné le cabinet américain Alvarez & Marsal pour gérer cette structure. Sa mission: séparer le bon grain de l’ivraie afin de nettoyer les bilans des banques de leurs actifs «pourris».
Selon Idealista, le portail de référence de l’immobilier espagnol, la société ainsi créée recevra en premier ceux des quatre étabilssements sous tutelle publique: Bankia, Novacaixagalicia, Catalunya Caixa et Banco de Valencia. Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières de Madrid (IEB) souligne que «tous les établissements à recapitaliser ou ceux qui ont besoin de l’aide du Frob devront transférer leurs actifs à la bad bank, ce qui entraînera d’importantes pertes pour les banques mais permettra de nettoyer leurs bilans.»
Tout d’abord, le cabinet américain établira ce mois-ci un document sur le fonctionnement de cette structure, qui évaluera le montant des actifs à isoler, et déterminera la participation publique. Pour l’instant sur ce point, «le flou reste total», remarque Miguel Angel Bernal. «Logiquement, ce sera le Frob qui devrait en être le principal actionnaire», estime-t-il.
On est loin du discours que l’exécutif espagnol tenait en début d’année lorsque qu’il martelait que l’Etat ne prendrait pas en charge la réforme du système financier. Sous la pression de Bruxelles, De Guindos a dû revenir sur ses positions: Madrid devra se soumettre au diktat de Bruxelles en acceptant «la majorité des conditions établies dans le Mémorandum», précise Luis de Guindos dans une interview au quotidien ABC. En échange, les banques recevront un ballon d’oxygène de 100 milliards d’euros.
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