KPMG accusé d’avoir encouragé la fraude chez New Century Financial
Comme un air de déjà vu. Les cabinets d’audit n’ont-ils rien retenu de l’affaire Enron? Une question que l’on est en droit de se poser aujourd’hui avec la banqueroute en avril 2007 de New Century Financial. KPMG vient en effet d’être mis en cause dans un rapport chargé d’examiner les détails de cette faillite.
Le rapport indépendant conduit par Michael Missal et commandé par la Justice américaine accuse clairement le cabinet d’audit d’avoir «contribué à certaines des pratiques frauduleuses» en matière de comptabilité du groupe d’Irvine, «en (l’)encourageant à persister» dans ces pratiques, voire en «précipitant» certaines infractions.
L’examinateur accuse ainsi le cabinet de négligence professionnel. KPMG n’aurait, selon lui, pas réalisé les contrôles appropriés. Celui-ci devrait d’ailleurs être poursuivi juridiquement estime Michael Missal.
Parmi les «erreurs» notées dans le rapport figurent un bénéfice net de 63,5 millions de dollars au troisième trimestre 2006 alors que cela aurait dû être une perte. En outre, KPMG aurait «recommandé» et «approuvé» de passer des montants incorrects en charges et en réserves.
Par ailleurs, Michael Missal estime que l’ensemble des infractions commises aurait conduit les investisseurs «a rejeté près de 800 millions de dollars de prêts simplement à cause de documents manquants et des milliards de dollars pour d’autres raisons». Le montant des originations de crédits de la société, qui ont quadruplé entre 2002 et 2006, ont conduit la société à accepter des prêts à des propriétaires qui n’en avaient pas les moyens créant ainsi «une bombe à retardement» qui a explosé en 2007. Dès lors, comme à l’époque la société californienne était le deuxième plus gros prêteur de subprime américain, le rapporteur estime aujourd’hui que tout cela est «réellement à l’origine de la crise du crédit».
Si de son côté l’actuel direction de New Century Financial s’est dit ravi de voir que le rapport était enfin terminé et qu’elle allait pouvoir poursuivre son processus de liquidation, il n’en va pas de même chez KPMG. Le cabinet nie en effet avoir eu un tel comportement et participé à une telle fraude, estimant qu’une analyse «objective» de la situation et des faits démontreront cela.
Fort de ce conseil, la Securities and Exchange Commission (SEC) aurait décidé de mener sa propre enquête sur le sujet, rapportent des sources proches du dossier.
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