Julius Baer allège son augmentation de capital face à la grogne des actionnaires
Julius Baer semble avoir entendu le marché. Lundi, lors de la réunion du comité de direction de la banque privée helvétique destinée à approuver l’ordre du jour de l’assemblée générale extraordinaire du 19 septembre, l’établissement a amendé son projet d’augmentation de capital, via l’émission d’actions de préférence de 750 millions de francs suisses (624 millions d’euros): le montant en a été réduit d’un tiers.
La manière dont la banque privée suisse entendait financer l’acquisition des activités de gestion de fortune internationale hors Etats-Unis de Merrill Lynch (filiale de Bank of America) – notamment par le biais de l’émission d’actions de préférence – avait été très mal perçue par les investisseurs. Déçus notamment par la perspective de dilution, ces derniers avaient fait chuter son titre de 7,4% le jour de l’annonce et de 3,8% le lendemain.
Initialement, sur les 750 millions de francs de l’augmentation de capital, seuls 500 millions devaient servir à financer partiellement l’acquisition auprès de Bank of America Merrill Lynch, dont le coût total pourrait atteindre jusqu’à 860 millions de francs. Les 250 millions restants étaient destinés à d’éventuelles acquisitions ultérieures. Cette somme ne sera donc finalement pas levée. «A l’issue d’une réflexion consécutive à la réaction des actionnaires, le comité proposera à l’assemblée de ne créer que les actions prévues dans le cadre du financement de l’acquisition de l’activité International Wealth Management de Merrill Lynch annoncée le 13 août», indique Julius Baer dans un communiqué. Soit 500 millions de francs.
Alors que le communiqué a été envoyé lundi soir, la réaction ne s’est pas fait attendre sur les marchés: le titre a repris jusqu’à 3,66% hier, pour terminer la séance en hausse de 3,12%, à 32,36 francs. On est cela dit loin de l’euphorie; plusieurs analystes considèrent en effet que l’acquisition d’International Wealth Management, activité déficitaire, n’est pas créatrice de valeur.
Boris Collardi, le directeur général de Julius Baer, s’était défendu vendredi dernier en affirmant dans une interview au quotidien de Singapour Business Times que l’apport des activités de Merrill Lynch permettrait à son établissement de doubler sa présence en conseillers en Asie, la région du monde à plus fort potentiel en grosses fortunes. Selon le dirigeant, 20% des actifs de Julius Baer seront issus de ce continent, contre 15% actuellement.
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