JPMorgan numéro un du conseil M&A en France en 2008

Le classement 2008 de «L’Agefi» récompense les parties prenantes du dossier GDF-Suez
Fabrice Anselmi

JPMorgan, Rothschild, BNP Paribas et Merrill Lynch. C’est le quarté gagnant de notre classement 2008 des banques conseil en fusions-acquisitions, un classement français marqué par la méga-fusion GDF-Suez, finalement bouclée en juillet pour 78,4 milliards d’euros. Comme cela devient une coutume sur ce marché M&A où les négociations sont de plus en plus en tendues, pas moins de dix-huit banques sont intervenues sur cette opération structurante, dont Lazard, un peu en retrait sur les autres grandes transactions.

Calyon, Villin Conseil, Banca Leonardo, la Société Générale ont aussi été créditées de l’opération GDF-Suez, de même que Lehman Brothers-Nomura et ABN Amro-RBS (11e de ce classement) actives pour l’Etat français. Citigroup (12e) et UBS (15e) sont intervenues sur le spin-off de Suez Environnement (14,3 milliards d’euros). Goldman Sachs (13e) et HSBC (20e), surtout mandatées pour les évaluations d’équité et de conformité, n’ont pas été prises en compte.

JPMorgan arrive aussi cette année en tête grâce à sa présence sur les autres grandes transactions, notamment internationales, ayant impliqué une partie française, comme Altadis-Imperial Tobacco (16,2 milliards d’euros), Neuf Cegetel-SFR (8,4), le sauvetage de Dexia (6,4), ou encore le rachat de Vin & Spirit par Pernod Ricard (5,6). Rothschild & Cie progresse également malgré la quasi-disparition en France des gros LBO, dont elle s’était fait une spécialité. La banque d’affaires conserve une large palette d’intervention avec 72 transactions conseillées en 2008. Merrill Lynch réalise une bonne année, retrouvant son rang de 2006 après une douzième place en 2007, également grâce aux grandes transactions.

Outre le débat sur la nationalité de l’opération Altadis, sans laquelle BNP Paribas aurait terminé première du classement de L’Agefi pour la quatrième année consécutive, la banque de la rue d’Antin est un peu en retrait en nombre de transactions conseillées, 46 contre 71 l’an dernier en France. «Mais nous concevons cette activité de manière globale», insiste Philippe Meunier, responsable adjoint du corporate finance chez BNP Paribas, en évoquant le reste de l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.

Notre classement prend en compte les opérations conclues dans l’année, et non pas annoncées. Ce sera donc le cas en 2009 pour celles sur British Energy, Constellation Energy et Fortis, dont la conclusion est attendue l’an prochain. Un exercice qui devrait être marqué par une nouvelle baisse de l’activité de 20 à 30% selon les prévisions des professionnels.

L’année prochaine sera aussi celle des opérations «restructurantes», sur la dette et le capital des PME, ou «transformantes» pour certains secteurs comme la banque ou l’automobile. Les mandats des intermédiaires sont d’ailleurs déjà étendus, non plus simplement pour vendre ou acheter, mais pour «trouver des solutions» à ces groupes traversant une période difficile. Des solutions qui passeront forcément, en dernier recours, par de nouvelles cessions.

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