Jean-Claude Trichet va tirer sa révérence sur une BCE divisée
Certains en son sein n’excluent pas une baisse des taux directeurs en cas de détérioration significative de l’économie dans la zone euro
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Patrick Aussannaire
L’heure des choix a sonné pour la Banque centrale européenne. En pleines tergiversations sur le sauvetage de la Grèce, les espoirs se tournent vers la BCE. Alors que les investisseurs et le FMI appellent la BCE à baisser ses taux directeurs, certains analystes anticipent déjà une baisse des taux directeurs de 25 ou 50 points de base dès sa prochaine réunion du 6 octobre prochain. Mais la banque centrale subit les mêmes divisions que les responsables politiques.
Le membre autrichien du conseil des gouverneurs de la BCE, Ewald Nowotny, a avancé hier qu'«une baisse des taux ne peut pas être exclue» et que la banque centrale pourrait revoir ses prévisions de croissance à la baisse. Et son homologue finlandais Erkki Liikanen, d’indiquer que « la croissance est sur une tendance sensiblement baissière».
Des discours qui ouvrent une porte à une baisse des taux. Néanmoins, il est peu probable qu’elle intervienne à la prochaine réunion, la dernière de Jean-Claude Trichet. Le membre luxembourgeois du conseil des gouverneurs, Yves Mersch, a d’ailleurs douché tout espoir en ce sens en jugeant «extravagantes» les spéculations d’une baisse brutale des taux directeurs. Il a néanmoins précisé que «des baisses de taux ne sont pas complètement exclues» dans le cas d’une «détérioration significative de la dynamique de l'économie».
Le membre maltais de la BCE, Josef Bonnici, a estimé qu’il était plus urgent de fournir aux banques des liquidités suffisantes que de se déchirer sur les taux. Et son homologue Lorenzo Bini Smaghi d’indiquer que la BCE était «prête à faire le nécessaire» afin de «rassurer les marchés». La BCE a procédé fin août à une opération à six mois pour calmer le marché interbancaire, mais les marchés attendent des opérations supplémentaires, voire des rachats de «covered bonds».
Les marchés espèrent une monétisation de la dette. La dette totale des pays périphériques se monte à 3.300 milliards d’euros, dont 1.500 sont détenus par des non résidents, soit 70% du bilan de la BCE. «La BCE devrait engager la totalité de son bilan sur les marchés» estime la société de gestion GaveKal. Une solution jugée «dangereuse» par l’allemand Jens Weidmann. «Cela signifie que les responsabilités des politiques monétaires et fiscales sont confondues». D’ailleurs, les rachats de dettes souveraines par la BCE ont ralenti durant la semaine du 23 septembre à 3,952 milliards d’euros, contre 9,793 milliards la semaine précédente.
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