Janet Yellen reste prudente sur les perspectives monétaires de la Fed

Lors de son discours devant les membres du Congrès, la présidente de la Fed a confirmé que le taux de chômage restait supérieur à son objectif
Patrick Aussannaire

Combien de temps Janet Yellen pourra-t-elle maintenir un ton accommodant? Lors de la présentation du rapport semestriel de politique monétaire de la Fed devant les membres du Congrès, la présidente de la banque centrale a conservé un discours très prudent en indiquant que «si l’économie continue de s’améliorer, la reprise n’est pas achevée». Et d’ajouter que «même avec sa chute récente, le taux de chômage reste au-dessus de son niveau de long terme estimé par les membres du FOMC», et que l’inflation reste inférieure à son objectif de long terme de 2%.

Pourtant, le marché de l’emploi s’est amélioré plus rapidement que prévu. En effet, lorsqu’en décembre 2012 la Fed avait fixé à 6,5% le niveau de chômage déclenchant un premier resserrement monétaire, elle projetait qu’il se situerait entre 6,8% et 7,3% fin 2014 et entre 6% et 6,6% fin 2015. A 6,1% en juin, le taux de chômage se trouve déjà dans le bas de la fourchette des prévisions de la Fed de fin 2012 avec 18 mois d’avance, et déjà en ligne avec celles dressées en juin dernier pour la fin de l’année.

Dans le même temps, l’indice d’inflation PCE a atteint 1,8% et l’indice sous-jacent 1,5% en mai, alors que le taux 5 ans anticipé dans 5 ans est à 2,5%. Pourtant, Janet Yellen a réitéré que le FOMC table sur une stabilité de l’inflation sur 2014. «Si la hausse des bonus ou la croissance des salaires sont un signe que le marché du travail se redresse, nous ne sommes même pas au point où les salaires progressent à un rythme suffisant pour faire augmenter l’inflation. En fait, les salaires réels ont augmenté moins vite que la productivité», a-t-elle précisé.

BNP Paribas CIB explique cette prudence par le fait que «le coût d’une normalisation trop tardive est temporaire et limité; en revanche, les coûts d’un relèvement trop précoce des taux pourraient être permanents et bien plus importants». Le calendrier reste ainsi celui défini lors de la précédente réunion du FOMC, avec une première hausse des taux en 2015 et des Fed funds proches de 1% fin 2015, selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM.

Pourtant, Janet Yellen a précisé pour la première fois que «si le marché de l’emploi continue de s’améliorer plus rapidement que les prévisions du FOMC (…), alors la hausse du taux Fed funds pourrait intervenir plus tôt et plus vite qu’envisagé aujourd’hui». Une remarque qui a fait remonter le dollar de 0,4% contre euro hier, à 1,357.

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