Introduction record pour Visa avec 17,9 milliards de dollars levés
L’introduction d’un acteur majeur avec à la clé un nouveau record. C’est ce que Visa a réalisé en plaçant 406 millions de titres à 44 dollars chacun, alors que la fourchette indicative se situait entre 37 et 42 dollars par action. Ce prix représente 25 fois les résultats ajustés du numéro un mondial des cartes de crédit, et 35 fois l’ensemble de ses bénéfices annuels attendus à fin septembre. Visa a donc réussi à lever 17,9 milliards de dollars. Francis Gaskins, président d’IPO Desktop, juge que cela «montre que le marché des introductions n’est pas mort».
Cette somme permet au premier réseau mondial de cartes de crédit d'éclipser le précédent record américain détenu par AT&T avec 10,6 milliards de dollars enregistré en 2000, mais reste derrière le record mondial de 22 milliards réalisé par Industrial & Commercial bank of China en 2006.
Cette opération va pouvoir permettre au groupe californien de couvrir certains contentieux et financer la réalisation d’objectifs généraux pour 3 milliards de dollars. Par ailleurs Visa souhaite, déjà, racheter certaines des ses actions pour 10,2 milliards de dollars.
Les investisseurs ont été séduits par le potentiel de croissance du groupe, mais aussi parce qu’il n’est pas directement concerné par la crise actuel du crédit, et qu’il ne distribue pas lui-même ses cartes, évitant les retards et autres défauts de paiement. Ce succès confirme les prédictions de certains arguant de la réussite de l’opération du fait que les cours du titre du concurrent de Visa, MasterCard, ont plus que quadruplé depuis son introduction en 2006.
David Robertson, en charge de Nilson Report, estime que grâce à cela le groupe de San Francisco «pourrait devenir un concurrent bien plus formidable encore de MasterCard». La valorisation de Visa à 42,5 milliards de dollars, avec un titre à 44 dollars, représente d’ailleurs 1,5 fois celle de son rival.
La cotation de la valeur, qui doit débuter aujourd’hui à Wall Street, est déjà attendue en hausse de 10% par Francis Gaskins. Cette tendance est renforcée par le bon comportement de la bourse new-yorkaise hier (lire p. 2). Voilà qui devrait redonner le sourire aux partenaires financiers du groupe qui comptent parmi ses plus gros actionnaires, comme Bank of America, National City Corp, Citigroup, et JP Morgan. Ce dernier détient en outre, avec Goldman Sachs, une option de surallocation d’achat de 40,6 millions de titres supplémentaires.
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