« Il y a un risque de cannibalisation du crédit par les dettes souveraines »
Gaëlle Malléjac, responsable de la gestion taux chez Groupama AM
Publié le
Tân Le Quang
L’Agefi : Selon vous, le risque souverain européen va-t-il continuer à contaminer le marché du crédit ?
Gaëlle Malléjac : La contamination a déjà commencé mais reste contenue au regard de l’évolution des autres classes d’actifs risquées. La frontière entre le risque souverain et le risque crédit est cependant de plus en plus floue. On observe en effet depuis le début de l’année une augmentation de la corrélation entre les souverains et les dettes privées. L’impact de la problématique de la dette souveraine est plus direct sur les financières via les garanties implicites des dépôts et les stocks de dettes nationales au bilan des banques, que sur les sociétés industrielles. La hausse de la corrélation pourrait se poursuivre si les problèmes souverains ne sont pas jugulés. Néanmoins, une différenciation doit être faite entre les Etats et les secteurs. De plus, il y a un risque de cannibalisation du crédit par les dettes souveraines compte tenu de l’attractivité croissante des rendements de ces dernières. Dans certains Etats, le rendement de la dette souveraine est maintenant supérieur à celui des dettes bancaires seniors.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie d’investissement ?
Nous restons positifs sur la classe d’actifs, même si l’environnement récent suggère plus de prudence. Les facteurs de soutien au crédit restent présents : amélioration conjoncturelle, baisse des taux de défaut, liquidités abondantes et investisseurs en quête de rendement. Par ailleurs, le contexte actuel préconise une très grande sélectivité au niveau sectoriel, au niveau du choix des valeurs (en privilégiant les émetteurs dont le chiffre d’affaire est le plus diversifié géographiquement), comme au niveau pays.
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