« Il n’est pas nécessaire de descendre bas dans les notes pour avoir du rendement »
Alain Krief, responsable de la gestion globale crédit benchmarkée, BNP PAM
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Après les turbulences des mois d’août et septembre, le crédit vous semble-t-il attractif ?
Alain Krief: Le crédit, dans son ensemble, a souffert ces deux derniers mois et les niveaux de spreads actuels sont bien plus larges sur les BBB par exemple que pendant la crise de 2008. La crise des dettes souveraines européennes et les inquiétudes sur la croissance à venir vont continuer à peser sur les marchés de crédit, c’est pourquoi la volatilité va rester haute, mais tout est déjà intégré dans les spreads de crédit. A défaut d’une accumulation de mauvaises nouvelles macroéconomiques et d’envisager une crise systémique majeure, le rapport rendement/risque du crédit est très attractif. Dans un contexte de croissance faible et en revenant sur les fondamentaux mêmes des entreprises qui sont peu considérés aujourd’hui, aux dépens du contexte macroéconomique général, de nombreuses opportunités existent sur le crédit investment grade et pour ceux qui peuvent sur le high yield.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie dans la classe d’actifs?
Il n’est pas nécessaire d’aller chercher bas dans les notations des agences pour avoir du rendement. Notre stratégie est donc de profiter de cet écartement des spreads pour revenir sur les bonnes signatures, non cycliques de préférence. Sur l’investment grade, nous nous concentrons sur les signatures single A et BBB industrielles. Sur le haut rendement, nous revenons sur les BB qui offrent aujourd’hui d’excellents rendements souvent proches de 9% pour un risque mesuré. Dans les deux cas, nous privilégions des entreprises ayant une bonne diversification géographique, notamment américaine.
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