«Il faut chercher le rendement ailleurs que dans l’univers domestique actions et taux»
L’Agefi : La faiblesse des valorisations en Bourse vous incite-t-elle à vous renforcer en actions ?
Jean-François Perrin : En analysant la volatilité implicite de l’Euro Stoxx, on voit que l’épisode de forte aversion au risque entamé début avril 2012 semble venir à sa fin. On peut donc espérer un bref retour au calme avec notamment les décisions du sommet européen fin juin. Cela étant, au-delà de ce pari tactique de très court terme, les actions européennes restent un actif peu attractif. La croissance des bénéfices s’est interrompue depuis 2011 et les perspectives vont rester très incertaines pour longtemps. Au vu de la prise de risque à envisager, il nous semble y avoir de meilleures opportunités en termes de rendement-risque.
Quelles sont alors les classes d’actifs que vous privilégiez ?
Pour les actifs européens, le crédit crossover (mi spéculatif – mi investment grade) semble attractif à horizon un an. Sauf à envisager une dégradation très importante des marchés, le rendement sera positif. Ainsi, depuis début 2010 et en termes de rendement total, le crédit crossover a gagné près de 10% là où les actions européennes se sont repliées de presque 20%. Par ailleurs, notre scenario macro-économique ne retient pas l’idée d’une restructuration de la dette souveraine espagnole ou italienne. Le niveau actuel de ces taux, notamment le deux ans, incite donc à s’y repositionner dans une optique hold to maturity. Enfin, à horizon un an, certaines combinaisons de devises incluant par exemple le dollar australien, le peso mexicain, la roupie indonésienne, permettent de capitaliser sur la faiblesse structurelle de la zone euro.
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