Il est probable que la BCE continue à se concentrer sur le secteur bancaire
Giuseppe Maraffino, stratégiste taux chez UniCredit
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Tân Le Quang
L’Agefi : Peut-on s’attendre à l’adoption par la BCE de nouvelles mesures non orthodoxes dans les trois prochains mois ?
Giuseppe Maraffino : La baisse des taux décidée en mai les amène à un minimum sous lequel il est difficile de descendre. Un taux refi à 1 % devrait être la fin du cycle d’assouplissement monétaire et le niveau sur lequel il restera pour une longue période. Dans les mois à venir, les interventions devraient donc se faire par des mesures non conventionnelles. Leurs modalités restent difficiles à prévoir et la discussion est ouverte au sein de la BCE. Il est probable qu’elle continue à se concentrer sur le secteur bancaire, à la différence de la Fed et de la BoE qui ont adopté des mesures d’assouplissement quantitatif pour soutenir directement l’économie. La BCE souhaite stabiliser le secteur bancaire pour soutenir l’économie par le crédit.
Quant à la Fed, jugez-vous sa politique d’assouplissement quantitatif efficace ?
Il est trop tôt pour évaluer l’efficacité des mesures d’assouplissement quantitatif. Les effets des politiques monétaires portent sur l’économie réelle avec un décalage d’environ six mois, c’est-à-dire progressivement durant le second semestre. Par contre, le rachat de titres d’Etat ne semble pas atteindre son principal objectif d’abaisser les taux à long terme pour réduire le cout de financement pour les entreprises et les ménages. La baisse des rendements longs qui s’est produite après l’annonce du programme est complètement absorbée et les rendements à 10 ans sont sur des niveaux encore plus élevés. Le programme d’émission de titres publics pour 2009 lancé pour financer les plans de soutien à l’économie devrait pousser la Fed à augmenter les rachats de Treasuries dans son programme d’assouplissement quantitatif.
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