Il est probable que la BCE continue à se concentrer sur le secteur bancaire
L’Agefi : Peut-on s’attendre à l’adoption par la BCE de nouvelles mesures non orthodoxes dans les trois prochains mois ?
Giuseppe Maraffino : La baisse des taux décidée en mai les amène à un minimum sous lequel il est difficile de descendre. Un taux refi à 1 % devrait être la fin du cycle d’assouplissement monétaire et le niveau sur lequel il restera pour une longue période. Dans les mois à venir, les interventions devraient donc se faire par des mesures non conventionnelles. Leurs modalités restent difficiles à prévoir et la discussion est ouverte au sein de la BCE. Il est probable qu’elle continue à se concentrer sur le secteur bancaire, à la différence de la Fed et de la BoE qui ont adopté des mesures d’assouplissement quantitatif pour soutenir directement l’économie. La BCE souhaite stabiliser le secteur bancaire pour soutenir l’économie par le crédit.
Quant à la Fed, jugez-vous sa politique d’assouplissement quantitatif efficace ?
Il est trop tôt pour évaluer l’efficacité des mesures d’assouplissement quantitatif. Les effets des politiques monétaires portent sur l’économie réelle avec un décalage d’environ six mois, c’est-à-dire progressivement durant le second semestre. Par contre, le rachat de titres d’Etat ne semble pas atteindre son principal objectif d’abaisser les taux à long terme pour réduire le cout de financement pour les entreprises et les ménages. La baisse des rendements longs qui s’est produite après l’annonce du programme est complètement absorbée et les rendements à 10 ans sont sur des niveaux encore plus élevés. Le programme d’émission de titres publics pour 2009 lancé pour financer les plans de soutien à l’économie devrait pousser la Fed à augmenter les rachats de Treasuries dans son programme d’assouplissement quantitatif.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs