ICE et Nyse Euronext entrent dans la dernière ligne droite avant leur fusion
La Bourse américaine des dérivés, ICE, et Nyse Euronext, ont déjà franchi une bonne partie des nombreuses barrières qui les séparent de leur rapprochement. Le collège de l’Autorité des marchés financiers française (AMF) vient de rendre un avis favorable sur la fusion des deux opérateurs, a annoncé son président Gérard Rameix hier. S’ils obtiennent l’aval de toutes les autorités compétentes rapidement, les deux opérateurs comptent conclure leur opération le 4 novembre.
D’ici à la fin du mois d’octobre, les actionnaires de Nyse Euronext devront choisir s’ils veulent obtenir du cash, des actions d’ICE ou les deux en échange de leurs titres. Le projet de fusion, qui doit donner naissance à un géant sur le marché des dérivés, a d’ores et déjà obtenu l’aval des actionnaires des groupes et de toutes les autorités américaines. Il a également été approuvé par la Commission européenne et plus récemment par le Collège des régulateurs d’Euronext.
Doivent encore se prononcer tous les régulateurs nationaux européens concernés, comme vient de le faire l’AMF (l’Autorité de contrôle prudentiel doit aussi rendre un avis) et les gouvernements des marchés continentaux. Ces derniers n’ont pas de date butoir pour faire connaître leur décision. A Bercy, on assure que le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, devrait se prononcer d’ici à la fin du mois. Il s’appuiera pour ce faire sur le rapport qu’il a commandé à l’ancien secrétaire général de l’AMF, Thierry Francq. Celui-ci a étudié quel pourrait être l’avenir d’Euronext alors qu’ICE a annoncé à l’hiver dernier qu’il comptait s’en séparer en l’introduisant en Bourse.
Plusieurs acteurs sur la place de Paris considèrent que la future IPO d’Euronext représente une opportunité historique pour les Européens de reprendre la main sur le destin de la Bourse alors qu’Euronext est passé dans le giron de l’américain Nyse en 2007 puis a échoué à se rapprocher de la Bourse allemande Deutsche Börse en 2012. Le gouvernement français aimerait constituer un noyau dur d’actionnaires, constitué notamment de banques européennes, mais les acteurs ne sont pas pressés de se positionner alors qu’ICE a annoncé que l’IPO d’Euronext devrait intervenir dans l’année après la clôture de la fusion. Ils sont par ailleurs échaudés par certains projets européens, comme celui de taxe sur les transactions financières à onze.
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