ICD renonce à Colonial faute d’accord avec les banques créancières
Le fonds souverain de Dubaï laisse cependant la porte ouverte à de futures négociations, sur de nouvelles bases
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Benoît Menou
L’affaire de la cession de la foncière espagnole Inmobiliaria Colonial suscite décidément bien des rebondissements. La semaine dernière, le 11 mars, le fonds souverain Investment Corporation of Dubai (ICD) avait formulé une offre de 3 milliards d’euros correspondant à la reprise des activités de location de bureaux de la foncière. Las, le fonds de Dubaï a fait savoir hier soir qu’il renonçait à cette initiative, faute d’être parvenu à un accord sur le refinancement de la dette de sa cible.
Cet accord avec les banques créancières n’allait certes pas de soi, et des doutes n’ont pas manqué de se faire jour dès l’annonce de l’accord avec ICD. Il s’agissait de négocier avec trois groupes de créanciers. Colonial dispose en premier lieu d’un crédit syndiqué de 7,2 milliards d’euros consenti par Goldman Sachs, Eurohypo, Calyon et Royal Bank of Scotland. Selon des indiscrétions relayées par Reuters, les pourparlers entre les banques et ICD auraient échoué du fait de l’intransigeance des créanciers à ne pas accorder à ICD une revue à son bénéfice des conditions du crédit. Pourtant, il apparaissait que le scénario de faire route avec ICD pouvait être séduisant pour les banques, pour lesquelles l’issue d’une vente alternative des actifs serait plus incertaine.
Pour autant, ICD n’a pas clos à jamais le dossier et a laissé la porte ouvertes à de futures négociations. « S’il y avait une possibilité de trouver un accord avec Colonial, au-delà des conditions fixées le 11 mars, ICD examinerait cette possibilité et la communiquerait immédiatement », a ainsi fait savoir le fonds moyen-oriental au sein d’un communiqué adressé à l’autorité boursière espagnole.
Les principaux actionnaires de Colonial ont dans la foulée tenu à émettre également un communiqué auprès de l’autorité espagnole. Ils y dévoilent une vision plus pessimiste concernant l’avenir des discussions avec le fonds de Dubaï. Se désolant de l’échec des négociations intensives entre Madrid, Londres et Dubaï depuis une semaine, Luis Portillo et la famille Nozaleda estiment qu’ « il n’y a pas d’espoir clair quant à la signature d’un accord ». Ils concèdent devoir continuer à chercher une « solution satisfaisante » pour le groupe et l’ensemble de ses actionnaires. Une quête qui n’est pas sans souci à l’heure d’une morosité avérée du marché immobilier espagnol.
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