Icade devrait reverser un demi-milliard d’euros à ses actionnaires
La cession du pôle logement de la foncière se fera sur la base de sa valeur d’expertise, soit 2,9 milliards d’euros
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Alexandre Garabedian
Icade s’allège pour le plus grand bonheur de la puissance publique. Conseillée, de bonne source, par Credit Suisse, la foncière cotée a formellement engagé la cession de l’ensemble de son pôle logement à «un ou plusieurs investisseurs, notamment sociaux, sur la base des valeurs d’expertise». Son président, Serge Grzybowski, espère boucler la vente d’ici fin 2009.
La pression de l’Etat sur la Caisse des dépôts et consignations explique l’accélération d’un processus qui avait déjà suscité des rumeurs en début d’année. La CDC détient 61% de la société d’investissement immobilier coté (SIIC). L’Etat en sera bientôt le coactionnaire indirect, puisque cette participation doit être apportée au Fonds stratégique d’investissement (FSI), qui sera contrôlé par la CDC et les pouvoirs publics.
L’intérêt de l’opération est double. D’une part, dégager des moyens pour qu’Icade investisse dans des actifs plus rentables… mais aussi participe au plan de relance économique du pays, en rachetant notamment des programmes «clé en main» aux promoteurs. D’autre part, faire remonter des dividendes. L’Etat toucherait à la fois comme actionnaire du FSI et avec un décalage d’un an au titre de son prélèvement sur la Caisse des dépôts.
En tant que SIIC, Icade redistribuera 50% de sa plus-value de cession. Le pôle résidentiel vendu compte 35.000 logements, tous situés en Ile-de-France, et affiche un taux de rendement faible, de l’ordre de 4%. A fin juin, sa valeur d’expertise atteignait 2,9 milliards d’euros. La plus-value de cession pourrait avoisiner 1,1 milliard d’euros, calculait vendredi la recherche action de Kepler Capital Markets, sur la base d’un prix de cession de 2,6 milliard. L’opération donnerait aussi à Icade un profil plus proche des autres grandes foncières cotées. La société avait d’ailleurs commencé ces dernières années à céder quelques milliers de logements.
La filiale de la CDC a déjà entamé un recentrage en annonçant début octobre la vente de ses activités d’administration de biens et de facility management (la gestion des services techniques d’un immeuble). Les sommes en jeu sont bien moindres que pour le pôle logement. L’administration de biens vaudrait autour de 40 millions d’euros, selon de bons connaisseurs du dossier.
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