Henderson confirme ses intentions sur Gartmore

Le fonds anglo-australien a indiqué hier avoir engagé des négociations pour reprendre son rival britannique en difficulté
Stéphanie Salti, à Londres

La consolidation au sein des sociétés de gestion britanniques se poursuit. Après avoir racheté il y a dix-huit mois New Star Asset Management, Henderson a confirmé hier être en pourparlers avec son homologue britannique Gartmore. Le prix d’acquisition se ferait en revanche à un montant légèrement inférieur à celui du marché à la clôture de l’action en fin de semaine dernière – soit 98,75 pence l’action - et valoriserait la société à quelque 360 millions de livres sterling.

Depuis le mois dernier, date à laquelle Roger Guy, l’un des gestionnaires vedettes de Gartmore a quitté la société, des rumeurs persistantes avaient évoqué l’intérêt de Henderson pour son compatriote. Reste que ce projet d’acquisition n’a pas suscité l’enthousiasme des analystes du secteur. Henderson n’a en effet jamais fait mystère de son intention de s’étendre par acquisitions sur les marchés américain et asiatique. En début d’année, la société de gestion avait d’ailleurs fait une tentative de rachat avortée sur l’américain RidgeWorth Capital Management, dans le giron de SunTrust Banks.

Selon les analystes, la finalisation du rachat de Gartmore ne constituerait qu’une initiative opportuniste, destinée à renforcer l’exposition de Henderson sur son marché domestique et gonfler indirectement son exposition aux marchés émergents. En revanche, cette transaction pourrait aussi ralentir les projets d’internationalisation du fonds anglo-australien.

Les observateurs avancent aussi qu’un rachat de Gartmore à un prix sacrifié ne rend pas non plus l’acquisition moins risquée. Gartmore, qui a fait ses débuts en tant que société cotée sur le marché londonien il y a tout juste une année, a dû faire face ces derniers mois à une véritable hémorragie de ses talents et à une sortie de capitaux massive. La suspension d’un gérant star, Guillaume Rambourg, a notamment conduit les clients à retirer 2,8 milliards de livres à fin octobre 2010, à comparer aux 20,7 milliards gérés aujourd’hui par la société.

Pour remédier à la situation, le gérant avait mandaté le mois dernier Goldman Sachs pour conduire une revue stratégique de ses opérations, pouvant inclure une fusion ou une cession. Les résultats de cette revue n’étaient pas attendus avant mars 2011. L’annonce de Henderson pourrait ainsi accélérer les choses.

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