Helsinki obtient 880 millions d’euros en caution pour sa part du plan grec
L’Eurogroupe de lundi soir aura au moins permis d’aboutir sur un point : la demande finlandaise de collatéral. Aux termes de l’accord trouvé lundi après des semaines de travaux, les pays de la zone euro pourront opter pour un régime ad hoc de participation au deuxième plan grec, incluant des garanties. En pratique, l’option a été taillée sur mesure pour la Finlande. Elle lui permet de couvrir le coût de sa participation, évaluée à 2,2 milliards d’euros, sur un total de 109 milliards d’euros de soutiens publics pour le deuxième plan grec.
Afin de satisfaire la demande d’Helsinki, le gouvernement grec devra placer sur le compte d’une banque commerciale un dépôt de 880 millions d’euros. Le compte sera géré par un trustee. La somme sera placée en obligations AAA et bloquée pendant 30 ans. Au terme de cette période, qui correspond à la durée des nouveaux prêts de la Facilité de stabilité européenne à Athènes, la caution devrait atteindre un peu plus de 2 milliards, soit le montant de l’engagement finlandais. Si la Grèce rembourse intégralement le prêt, elle récupère sa caution. Si elle fait défaut, en partie ou complètement, Helsinki dispose des fonds.
«C’est exactement ce que l’on voulait. Ainsi notre participation est neutre financièrement», a indiqué mardi un porte-parole du gouvernement finlandais à L’Agefi.
Cette caution sera constituée au moyen du rachat sur le marché d’obligations d’Etat grecques. Ces rachats seront effectués par le trustee, à la demande du gouvernement. Le montant de 880 millions d’euros correspond à 40% des 2,2 milliards d’euros, une quote-part qu’Helsinki estime correspondre au risque grec.
A cela s’ajoute l’engagement, par la Finlande, de débloquer d’emblée sa participation au capital du Mécanisme de stabilité européen (ESM) qui sera créé en 2013, soit 1,44 milliards d’euros (sur un total de 80 milliards pour 17 pays). Les autres participants ont, eux, cinq ans pour verser le capital. Enfin, la rémunération de la Finlande sur les prêts à la Grèce sera légèrement inférieure à celle des autres créanciers.
Théoriquement, cette option a été conçue pour n’importe quel membre de l’Eurogroupe. Mais «elle n’est pas si avantageuse que cela pour les autres», reconnaît cette source finlandaise. «Débloquer le capital immédiatement n’est pas vraiment un problème pour un pays noté AAA», mais elle peut coûter cher à qui se trouve dans une situation plus délicate sur le marché, dit-elle.
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