H2O AM entrevoit déjà le milliard d’euros d’encours
H2O AM décolle. La société de gestion créée en juillet dernier par deux anciens de CAAM, Bruno Crastes et Vincent Chailley, et dont Natixis AM a pris la majorité du capital, devrait atteindre le milliard d’euros d’ici à l’été. Agréée par la FSA britannique et basée à Londres, elle gère déjà 522 millions d’euros, dont 20% ont été apportés en amorçage par Natixis.
«Nous avons un pipeline de 500 millions et nous aurons un milliard d’euros d’encours à horizon trois mois, indique Bruno Crastes. Beaucoup d’anciens clients nous ont fait confiance, la croissance est plus forte que ce que nous avions prévu». Les encours en fin d’année pourraient ainsi osciller entre un et deux milliards d’euros.
Les dirigeants ont repris la philosophie des fonds VaR qu’ils avaient lancés chez CAAM: une recherche d’alpha global, par opposition à une gestion «bêta», en intervenant sur toutes les classes d’actifs et dans toutes les zones géographiques. Mais ils estiment avoir appris de leurs erreurs.
H2O pourrait ainsi s’interdire de grandir au-delà d’une certaine taille, évaluée à 20 milliards d’euros d’encours. «La taille est l’ennemi de l’alpha, souligne Bruno Crastes. Autrefois, on disait qu’un hedge fund ne pouvait dépasser 10 milliards de dollars d’encours. Entretemps, la volatilité de leurs stratégies est passée de 25 à 10, ce qui signifie qu’au-delà de 25 milliards de dollars d’encours, soit 20 milliards d’euros, on est en risque sur l’alpha». A l’apogée de leur splendeur, les fonds VaR avaient atteint 42 milliards d’euros – «c’était trop» - avant d’exploser en vol en 2008 lors du retournement des marchés.
Les fonds, déclinés dans une gamme de format Ucits, ont aussi été «purifiés», selon Vincent Chailley, et les outils de maîtrise des risques renforcés. H2O peut aussi s’appuyer sur les équipes supports et commerciales de Natixis AM. «Gérer ces fonds dans une petite structure, à l’intérieur d’un modèle multi-boutiques est complètement différent», ajoute Vincent Chailley.
Natixis AM espère de son côté élargir en Europe sa palette d’expertise, comme elle le fait aux Etats-Unis à travers une myriade de boutiques. D’où les autres partenariats de ce type noués dans la gestion active (Dorval Finance, en 2008) ou les ETF (Ossiam, fin 2010). Une diversification d’autant plus nécessaire que le moteur du groupe en Europe, la gestion monétaire, est aujourd’hui grippé.
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