Groupama AM fait preuve de pragmatisme dans sa démarche ISR
Comme le révèle la récente enquête d’Amadeis, nombre d’investisseurs institutionnels français demeurent dubitatifs quant à la portée de l’investissement socialement responsable (ISR). Ne l’ignorant pas, Groupama Asset Management (AM) a décidé d’«étendre l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’ensemble des produits et procédés de gestion».
Le gérant a donc développé un concept d’IR (pour investissement responsable) plus pragmatique, alors que l’ISR implique de développer des procédés et des produits spécifiques, dans un dialogue régulier avec les émetteurs. Il adopte une approche par «grands risques ESG», appliquée à un univers de 800 émetteurs: fraude comptable, opacité des politiques, concentration des pouvoirs, réputation et risques opérationnels liés au climat interne. Chaque décision d’investissement pourra être confrontée à ces critères.
En fait, dans son rapport annuel 2011, Groupama indique déjà que sa filiale s’est fixé comme objectif «l’intégration généralisée des enjeux ESG à l’ensemble de l’analyse de ses investissements». Cette approche part d’un constat: les critères ISR peuvent être trop contraignants. «Certains clients ne comprennent pas bien le concept, de même que certains processus d’investissements rendent très difficiles l’investissement socialement responsable», indique Antoine de Salins, directeur des gestions de Groupama AM. Par exemple, les fonds monétaires, qui impliquent des durées de détention courtes, sont inadaptés, de même que les stratégies long-short. L’approche IR a ainsi été étendue aux actifs monétaires, ce qui a permis à Groupama AM de doubler son total sous gestion ISR+IR en 2012, à 17,4 milliards d’euros (contre 8,4 milliards en 2011).
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