Greenwashing : le patron de DWS acculé à la démission
Deutsche Bank a annoncé mercredi matin la démission d’Asoka Woehrmann, en charge des métiers de l’asset management de la banque allemande et directeur général de DWS. Une décision prise alors que la police allemande a perquisitionné mardi les bureaux de Deutsche Bank et de DWS dans le cadre de son enquête pour fraude sur des fonds ESG «vendus plus verts et durables qu’ils ne l’étaient en réalité», selon le parquet de la ville.
«Les allégations formulées tant à l’encontre de DWS que de moi-même au cours des derniers mois sont devenues un fardeau pour l’entreprise, pour moi et pour ma famille. Aussi, afin de protéger l’institution et mes proches, je prends la décision de quitter mes fonctions et de m’orienter vers un nouveau départ», explique Asoka Woehrmann, cité dans un communiqué.
Le directeur général sortant sera remplacé par Stefan Hoops à partir du 10 juin. Ce dernier est le responsable de l’activité corporate de la banque allemande.
L’action DWS perdait plus de 7% mercredi en Bourse, après avoir déjà abandonné 5,7% la veille. Le groupe est le deuxième gestionnaire d’actifs coté en Europe, derrière le français Amundi, avec 902 milliards d’euros d’encours à fin mars.
Perquisitions
Les perquisitions de mardi étaient «en lien avec les accusations de greenwashing qui ont été portées contre DWS», deuxième gestionnaire d’actifs européen, avait confirmé un porte-parole de Deutsche Bank. «Nous avons continuellement coopéré pleinement avec tous les régulateurs et autorités concernés sur cette question et nous continuerons à le faire», précise DWS de son côté.
La perquisition a associé des représentants de la BaFin – le superviseur financier allemand. Ce dernier avait ouvert en 2021 une enquête contre DWS, en parallèle du gendarme boursier américain – la SEC – après les dénonciations d’une ex-responsable de l’investissement durable accusant son ex-employeur de greenwashing. Les superviseurs ont décidé de durcir la lutte contre les fausses promesses de l’investissement vert, comme en témoignent les nouvelles règles de commercialisation proposées fin mai par la SEC, et l’amende infligée à une filiale de BNY Mellon.
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