Goldman Sachs résiste mieux à la crise que ne l’anticipaient les analystes
Les effets de la crise se sont indéniablement fait sentir dans les comptes du premier trimestre de Goldman Sachs. En témoigne un résultat net divisé par deux à 1,51 milliards de dollars. Ce plongeon est en grande partie la conséquence de la baisse générale d’activité en glissement annuel : -35 % à 8,33 milliards. Un recul sensible dans la banque d’investissement (-32 % à 1,17 milliard) en raison du peu de fusions-acquisitions ou encore dans le trading actions. Le courtier a aussi dû constater une perte de 532 millions dans ses activités d’investissement pour compte propre (contre un gain de 1,7 milliard un an auparavant), dont 135 millions de dépréciation sur ICBC.
Il n’empêche qu’à y regarder de plus près, les comptes s’avèrent moins catastrophiques que ne le redoutait le marché. L’activité a ainsi dépassé de 15 % le consensus. «Plus spécifiquement, les revenus du pôle FICC (taux fixes, devises et matières premières) ont été relativement stables en séquentiel (-5 %)», souligne le bureau CreditSights. Et si les marchés de crédit ont entraîné une baisse de revenus de 32 % en un an sur ce pôle, Goldman parle d’une activité «bien meilleure» que l’an passé sur les taux, change et matières premières. De même, poursuit CreditSights, «les commissions sur produits actions plus élevées en glissement annuel (+34 %) et stables en séquentiel reflètent l’activité croissante des clients malgré les pressions sur les marchés».
Autre bonne surprise : la gestion d’actif voit son activité progresser de 28 % en un an et de 11 % en trois mois. Au niveau du portefeuille d’actifs sous gestion, la collecte de 29 milliards (46 milliards sur le monétaire) a plus que compensé l’impact de la baisse des marchés (24 milliards).
Enfin, si les dépréciations ont été lourdes, elles n’ont «pas été assez importantes pour véritablement plomber les résultats», remarque CreditSights. L'établissement concède avoir perdu 1 milliard sur les prêts hypothécaires et 1 milliard sur les prêts high yield (1,4 milliard avant couverture). Mais la presse britannique avait anticipé 1,6 milliard sur les seuls prêts aux entreprises.
Au total, avec un bénéfice par action de 3,23 dollars, Goldman Sachs a donc pu dépasser de 25 % le consensus et redonner espoir au marché. Les CDS du courtier se resserraient hier de 50 points de base à 175 pb, entraînant dans leur sillage l’ensemble des indices de crédit.
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