Gérard Rameix exhorte les banques à développer la Place de Paris
Juste avant d’être confirmé à la tête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) en remplacement de Jean-Pierre Jouyet par les parlementaires hier, Gérard Rameix, a plaidé devant la commission des finances du Sénat, pour l’organisation d’un marché au service des entreprises, particulièrement celles de taille moyenne (PME) et intermédiaire (ETI).
Celui qui a déjà été directeur de la Commission des opérations de Bourse et secrétaire général de l’AMF a fait valoir aux élus son expérience de médiateur du crédit. Convaincu que la mise en œuvre de Bâle 3 va limiter l’accès au crédit bancaire, il plaide pour explorer toutes les solutions de financement par le marché. A ses yeux, il faudrait tester des schémas inspirés de la titrisation, les partenariats dans la dette privée aux entreprises, du type de celui développé par Axa, le Crédit Agricole et la Société Générale ou encore développer des OPCVM sur les PME/ETI. Gérard Rameix a aussi salué la proposition de «bourse de l’entreprise» présentée début juillet par Nyse Euronext, même s’il a reconnu que les premières discussions avec l’opérateur transatlantique sur le marché dédié aux PME et ETI avaient été décevantes.
Gérard Rameix s’est dit «moins optimiste sur la Place de Paris», même s’il a insisté sur l’importance qu’y tient la gestion d’actifs. Selon lui, «on n’a pas la tradition de la finance de marché et les choix collectifs, notamment des banques, n’ont pas été faits en faveur du développement du marché à Paris.» Il a regretté que les infrastructures de post-marché, de règlement livraison et de compensation se soient affaiblies en France.
Pour rendre à la Place son dynamisme, Gérard Rameix estime qu’«il faut avoir une discussion entre Bercy et les grandes banques», pour lesquelles cette question serait un sujet «un peu secondaire». Le médiateur du crédit a par ailleurs déploré le manque d’implication des grandes banques et des courtiers dans le développement des plate-formes obligataires. Il a souligné que les marchés obligataires de gré à gré pouvaient être le lieu d’importantes manipulations.
Interrogé sur les enjeux de la régulation au niveau européen, Gérard Rameix «regrette beaucoup que les positions françaises au sein de l’Esma aient reculé». Redonner à Paris, toute son importance au sein du régulateur européen des marchés financiers, pourtant basé dans la capitale, sera une de ses priorités.
Plus d'articles du même thème
-
CMA CGM finalise l'ouverture du capital de certains de ses ports à la société de gestion Stonepeak
L'opération qui passe par la création d'une coentreprise avait été annoncée en janvier 2026 pour une valorisation de près de 10 milliards de dollars. -
QIC cède un opérateur australien de gazoducs à Morgan Stanley IM
Queensland Investment Corporation (QIC) a vendu Epic Energy, un opérateur de gazoducs en Australie-Méridionale, à Morgan Stanley Investment Management. -
Aberdeen déçoit sur sa collecte et baisse en Bourse
La société de gestion britannique a décollecté 3 milliards de livres sterling sur le premier semestre 2026 alors que les analystes tablaient sur une collecte positive. -
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028. -
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.