Génie de l’autodestruction
La gestion d’actifs est un point fort de la finance
française, et c’est tant mieux car son rôle est capital dans le financement de
l’économie dont le gouvernement prétend faire une priorité. Mais à coups
d’arbitrages brutaux ou sournois, qu’il s’agisse des transactions financières
ou des « pigeons », l’exécutif s’évertue à saper sa prospérité contre
toute raison. C’est ainsi que Bercy entend modifier, dans une totale opacité,
la fiscalité applicable aux OPCVM, surtout les FCPR, tournés vers le capital
investissement. Cette fois, ce sont les investisseurs étrangers qui sont visés,
par le biais d’une taxe de 30% sur les plus-values. Bercy affirme agir par souci
de cohérence, et assure que des abattements seront consentis en fonction de la durée de détention.
Mais comment ne pas relever sa volonté de dissimulation ? Cette mesure a été prise
sans concertation et est de surcroît présentée en des termes incompréhensibles
dans le budget même pour des fiscalistes chevronnés ! Quant à la réaction
des étrangers, sachant que la rémunération naturelle des capital-investisseurs est
la plus-value, elle ne fait guère de doute : la France perdra de sa propre initiative, par une
sorte de génie de l’autodestruction, une nouvelle bataille dans la guerre de la
compétitivité face aux autres places européennes. « Notre prochain fonds ne sera sans doute pas
un FCPR mais un ‘limited partnership’
luxembourgeois », soupire un grand acteur de la Place. Comme le lui
reprocher ?
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets. -
L’économie française subit un coup de mou au premier trimestre
Le PIB s’est légèrement contracté alors que l’inflation continue d’augmenter et que le chômage remonte. Les premiers effets de la crise au Moyen-Orient se font sentir et aucun moteur de croissance ne compense ce ralentissement. -
SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Chaque mois, la rédaction de L’Agefi Patrimoine vous propose un condensé des nouvelles des SCPI : acquisitions, cessions, liquidités, nominations… -
Les minoritaires de Meta réclament majoritairement le principe « une action, une voix »
Lors de l’assemblée générale du 27 mai, l’une des dix résolutions dissidentes, proposant d’adopter un plan de recapitalisation attribuant une voix à chaque action en circulation, a obtenu 26% de soutien, alors que Mark Zuckerberg contrôlait les deux tiers de l’assemblée.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Contenu de nos partenaires
-
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France -
« Il y a une prime au gagnant considérable » : la folle course d'Anthropic, qui détrône OpenAI
Propulsé par son modèle phare Claude, Anthropic a levé 65 milliards de dollars le 28 mai, portant sa valorisation à 965 milliards de dollars, devant OpenAI. Un chiffre sidérant qui remet sur la table les débats autour d'une potentielle bulle financière de l'IA