Gazprom jongle avec une dette qui reste très élevée
Le gazier russe, dont l’endettement net atteint vingt milliards d’euros, a contracté en novembre un emprunt auprès de la Société Générale
Publié le
la rédaction
Premier producteur mondial de gaz et arme diplomatique du Kremlin face aux anciens pays satellites telle l’Ukraine - qui a accepté hier de rembourser une dette de 1,6 milliard de dollars -, Gazprom n’en reste pas moins l’une des entreprises russes les plus endettées. Le groupe a annoncé mardi avoir refinancé une toute petite partie de sa dette et accru ses emprunts globaux via un nouveau prêt contracté auprès de la Société Générale.
Le groupe gazier a précisé qu’il avait emprunté 250 millions de dollars (176 millions d’euros) à la banque française en novembre et 153 millions de dollars à la Vneshekonombank (VEB) en décembre. L’emprunt auprès de la banque russe est destiné à refinancer une partie d’un crédit octroyé en 2004 par Deutsche Bank.
Le groupe russe précise que le taux d’intérêt du prêt accordé par la Société Générale a été fixé à 360 points de base au-dessus du Libor, tandis que celui de la VEB l’a été à 500 points de base au-dessus du Libor. Les deux emprunts arriveront à échéance en 2009 et portent les taux d’intérêt les plus élevés jamais souscrits par le gazier russe, calculait mardi Reuters.
Gazprom est aux prises avec une dette nette qui atteignait encore 837 milliards de roubles (20 milliards d’euros) au 30 juin 2008. Un chiffre en recul par rapport aux 1.230 milliards de roubles affichés à fin 2007, et imputable principalement à la déconsolidation de son bras financier, Gazprombank. Quelque 28% de cette dette vient à échéance avant juin 2009, et 10,6% supplémentaires avant juin 2010. Or la crise de crédit affecte aujourd’hui la capacité de Gazprom à obtenir de nouveaux financements, du moins à des prix compétitifs.
«La direction ne peut certainement pas évaluer l’impact qu’aurait une poursuite de la dégradation de la liquidité des marchés financiers et l’instabilité croissante des marchés de change et d’actions sur l'état financier du groupe», explique Gazprom dans un communiqué qui accompagne la publication de ses résultats du deuxième trimestre 2008. Si le groupe a enregistré un triplement de son bénéfice net sur la période à 300 milliards de roubles, à une époque où les prix du pétrole atteignaient des sommets, il a aussi prévenu que des cash-flows plus faibles à l’avenir pourraient compliquer le remboursement de ses dettes.
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