Frédéric Oudea promu directeur général délégué et dauphin potentiel à la Société Générale
Un an et demi après Didier Alix, le directeur financier entre dans le cercle étroit du PDG Daniel Bouton. Les spéculations sur la succession sont relancées
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Annelot Huijgen
«Penser que Daniel Bouton est sur le point de se retirer serait franchement prématuré», jugeait un proche du PDG de la Société Générale hier. La question d’une éventuelle succession est pourtant revenue sur la table avec la promotion du directeur financier, Frédéric Oudea, au poste de directeur général délégué. A 44 ans, cet ancien de l’Ecole nationale de l’Administration et de l’Ecole polytechnique, en poste à la banque rouge-noire depuis 1995, rejoint Didier Alix et Philippe Citerne dans le cercle des proches collaborateurs de Daniel Bouton.
Même si son nom a été régulièrement cité dans la liste des successeurs potentiels, beaucoup ont jugé jusqu’ici que l’heure n’était pas encore venue pour celui qui surveille les comptes du groupe depuis cinq ans. Frédéric Oudea avait été nommé directeur général adjoint, en même temps que Jean-Pierre Mustier, qui dirige toujours la banque de financement et d’investissement. «Le fait qu’il devienne si vite directeur général délégué montre évidemment qu’il a marqué un point dans la course à la succession», admet un proche de la direction. Son meilleur atout, comparé aux deux autres directeurs délégués, semble être son âge. Avec ses 61 ans, Didier Alix, comme Philippe Citerne, qui fête ses 59 ans début avril, semblent ne pouvoir être que des présidents de transition. Daniel Bouton aura lui-même 58 ans dans quelques semaines et avait accédé à la présidence à 47 ans.
Avant la crise provoquée par la perte de 4,9 milliards d’euros, on prêtait au PDG le projet de préparer sa succession à terme en soutenant les deux quadragénaires Frédéric Oudea et Jean-Pierre Mustier (47 ans). Ce dernier semble aujourd’hui affaibli par l’affaire Kerviel, qui l’a conduit à proposer de quitter la banque en janvier dernier. Le conseil d’administration a cependant refusé sa proposition, comme celle de Daniel Bouton. La position du président pourrait néanmoins être remise en cause si les enquêtes en cours faisaient apparaître de graves défaillances dans les systèmes de contrôle des salles de marchés du groupe. «Il serait hasardeux de tirer de cette promotion la conclusion que la succession est dans les tuyaux pour une date proche», laisse entendre une autre source. Reste qu’à la Société Générale, on a toujours privilégié la promotion interne : Daniel Bouton a dû faire ses preuves en interne avant de prendre les rênes du groupe.
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