Fortis refait ses comptes après la suspension de son démembrement
Rétropédalage forcé pour Fortis. Après l’arrêt prononcé par la cour d’appel de Bruxelles vendredi dernier, qui a décidé de suspendre le démembrement du groupe, notamment la vente de certains actifs à BNP Paribas, l’établissement a actualisé sa situation financière à fin septembre. Une décision qui n’est pas sans effet sur les comptes du groupe au moment où le titre reprend ses cotations sur les Bourses d’Amsterdam et de Bruxelles.
La décision de justice rendue le 12 décembre a contraint le groupe à reconsolider Fortis Insurance Belgium dans ses comptes, alors que cette filiale devait être cédée à BNP Paribas. A l’inverse, l’entité de portefeuille de crédits structurés que l’établissement avait prévu de constituer ne peut être intégrée. Conséquence de ces modifications, Fortis a dû modifier le périmètre de ses activités pour ses comptes à fin septembre, en incluant Fortis Insurance Belgium, Fortis Insurance International et le compte général.
Par rapport aux données publiées le 14 novembre, la situation financière du groupe en date du 30 septembre fait désormais ressortir une trésorerie nette de 2,1 milliards d’euros, contre 3,5 milliards initialement annoncés. Le niveau des capitaux propres n’atteint plus que 6,7 milliards d’euros, alors qu’ils étaient annoncés à 7,7 milliards mi-novembre. Une diminution d’un milliard d’euros qui résulte de «la suspension de la vente de Fortis Insurance Belgium qui devait rapporter 3,6 milliards compensée par la non-prise en compte de l’impact négatif des transactions liées à l’instrument Cashes [les instruments hybrides émis pour racheter les actifs d’ABN Amro, ndlr] de 2,6 milliards».
Enfin, Fortis fait état d’un bénéfice net de 152 millions d’euros pour le troisième trimestre, à comparer à la perte nette de 135 millions précédemment enregistrée. La perte nette de Fortis Belgium Insurance de 281 millions d’euros qui a dû être réintégrée est en effet compensée l’évolution de la juste valeur des positions liées aux Cashes, évaluée à 558 millions.
Cette actualisation intervient tandis que la presse belge a rapporté hier des propos offensifs de Baudouin Prot. Le directeur général de BNP Paribas aurait fait part au gouvernement belge de l’agacement de ses actionnaires quant à la situation actuelle, menaçant même d’abandonner la transaction conclue avec l’Etat fédéral.
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