Fitch sanctionne le Portugal en abaissant sa note d’un cran
Pas de trêve de Noël sur le front des souverains. Après la dégradation de l’Irlande et la mise sous surveillance du Portugal par Moody’s, sa consœur Fitch a sanctionné Lisbonne jeudi soir. L’agence de notation a abaissé la note souveraine à A+ contre AA-, en raison de la lenteur de la réduction du déficit des comptes courants et d’un environnement de plus en plus difficile pour le financement des banques et de l’Etat. Une note assortie d’une perspective négative.
«Un échec dans l’accomplissement des objectifs principaux du budget 2011 et en matière de déficits structurels fragiliserait la confiance à l'égard de la soutenabilité à moyen terme des finances publiques», explique Fitch. Le gouvernement de José Socrates s’est engagé à réduire le déficit budgétaire à 4,6% du PIB l’an prochain, contre 7,3% cette année. Fitch juge que cet objectif sera extrêmement difficile à atteindre, surtout si, comme l’agence de notation s’y attend, le pays entre en récession l’année prochaine.
Un peu plus tôt dans la journée, Fitch avait également descendu d’un cran la note de la Hongrie, de BBB à BBB-, avec une perspective négative. L’agence de notation a expliqué que cet abaissement reflétait une détérioration de la situation budgétaire sous-jacente à moyen terme, le jour où les parlementaires hongrois ont adopté un budget 2011 censé ramener le déficit public sous les 3% du PIB pour la première fois depuis 2004.
Ce budget s’appuie sur des mesures non conventionnelles, notamment des hausses d’impôts temporaires, plutôt que de tailler dans les dépenses, soulignent les analystes. Si la Hongrie néglige de prendre des mesures budgétaires crédibles sur le moyen terme, un nouveau déclassement pourrait s’ensuivre, prévient l’agence, qui juge en outre «optimiste» la prévision de croissance du PIB de 5% sur laquelle table le gouvernement pour 2013.
La touche d’espoir est venue du côté de la France, dont les notes de crédit souveraines AAA long terme et A-1+ court terme ont été confirmées par Standard & Poor’s. «La perspective stable reflète notre opinion selon laquelle le gouvernement français maintiendra ses efforts d’assainissement budgétaire et pourrait réduire le déficit public général à environ 3% du PIB en 2013», conclut S&P.
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