First Trust commercialise un ETF sur l'énergie nucléaire
La gestion d’actifs continue de s’emparer du thème du nucléaire. First Trust a lancé le First Trust Bloomberg Nuclear Power UCITS ETF, coté à la Bourse de Londres sous le ticker RCTR, confirmant l’attrait croissant des investisseurs pour une filière énergétique longtemps marginalisée, mais désormais repositionnée au cœur des enjeux climatiques, industriels et technologiques.
Le nouvel ETF affiche un ratio de frais totaux (TER) de 0,70 % et réplique l’indice Bloomberg Nuclear Power Select, un indice sectoriel regroupant jusqu’à cinquante entreprises exposées à la chaîne de valeur nucléaire.
Un marché déjà encombré, mais en forte croissance
Avec ce lancement, First Trust rejoint un univers d’investissement déjà bien fourni en Europe. Global X, WisdomTree, HANetf, VanEck et plus récemment UBS ont tous lancé des ETF dédiés au nucléaire, avec des frais généralement compris entre 0,44 % et 0,55 %.
A lire aussi : UBS AM lance un ETF sur le nucléaire et l’uranium
L’arrivée de nouveaux produits témoigne néanmoins d’un élargissement structurel de la demande. Le nucléaire n’est plus appréhendé comme une simple thématique cyclique, mais comme un pilier de long terme de la transition énergétique, à la croisée des impératifs climatiques, industriels et de souveraineté.
Le changement de paradigme repose sur un constat désormais largement partagé : les sources renouvelables intermittentes ne suffisent pas, à elles seules, à assurer la stabilité et la sécurité des systèmes électriques. Dans un contexte de décarbonation accélérée, le nucléaire apparaît de plus en plus comme la seule source d’énergie bas carbone capable de fournir une électricité abondante, continue et pilotable.
L’effet catalyseur des centres de données et de l’intelligence artificielle
La montée en puissance des centres de données, devenus l’infrastructure invisible de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle (IA), agit comme un puissant catalyseur du renouveau nucléaire. Ces installations exigent une alimentation électrique massive, stable et ininterrompue, incompatible avec les aléas météorologiques des énergies renouvelables.
Le nucléaire se distingue sur plusieurs dimensions clés. Son facteur de capacité, supérieur à 92,5 %, dépasse largement celui du gaz naturel (environ 56 %) et des énergies renouvelables comme l’éolien (35 %) ou le solaire (25 %).
À cela s’ajoutent une densité énergétique élevée, une faible emprise foncière et des émissions de carbone quasi nulles lors de l’exploitation. Autant d’atouts qui font du nucléaire une solution particulièrement adaptée aux exigences énergétiques de l’IA générative et du cloud à grande échelle.
Au-delà des centrales traditionnelles, le secteur bénéficie également des progrès réalisés dans le développement des petits réacteurs modulaires (SMR) et des microréacteurs. Ces technologies promettent des coûts de construction plus maîtrisés, des délais raccourcis et une meilleure intégration dans les réseaux électriques existants.
A lire aussi : BNPP AM dévoile le premier fonds actions thématiques Ucits sur l'énergie nucléaire
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 63 réacteurs nucléaires sont actuellement en construction dans le monde, représentant plus de 70 GW de capacité, l’un des niveaux les plus élevés depuis 1990.
L’AIE estime que la capacité mondiale des SMR pourrait atteindre 40 GW d’ici 2050 dans un scénario politique inchangé, et jusqu’à 120 GW en cas de soutien réglementaire ciblé et d’implication accrue du secteur privé.
Un tournant politique décisif aux États-Unis
Le regain d’intérêt pour le nucléaire s’est également traduit par un changement de ton politique, en particulier aux États-Unis. En mai 2025, le président Donald Trump a signé une série de décrets présidentiels visant à relancer l’industrie nucléaire américaine, déclenchant une nouvelle phase de hausse des valeurs liées à l’uranium.
Les objectifs affichés sont ambitieux : quadrupler la capacité nucléaire américaine d’ici 2050, la portant d’environ 100 GW aujourd’hui à 400 GW. Les décrets prévoient également une réforme profonde de la Nuclear Regulatory Commission (NRC) afin d’accélérer les procédures d’autorisation, avec des délais plafonnés à 18 mois pour les nouveaux réacteurs et à 12 mois pour les renouvellements.
L’administration souhaite par ailleurs renforcer la chaîne d’approvisionnement nationale en uranium, développer les capacités d’enrichissement domestiques, accélérer le déploiement des technologies nucléaires avancées à des fins de sécurité nationale, et promouvoir les exportations nucléaires américaines.
L’intérêt croissant des grandes entreprises technologiques constitue un autre moteur déterminant. En mars 2025, Amazon, Google et Meta Platforms ont signé un engagement commun visant à soutenir le triplement de la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, en marge de la conférence CERAWeek à Houston.
Dans ce contexte, l’intérêt des investisseurs pour les entreprises liées au nucléaire, des producteurs d’électricité aux développeurs de technologies avancées, s’inscrit dans une logique de long terme.
Plus d'articles du même thème
-
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
Le fournisseur d’ETF s’appuie sur l’expertise de l’équipe d’Atlantic House afin d’entrer sur le marché des ETF à rendement défini en Europe. -
L’Ile-de-France confirme son poids dans les investissements nationaux en technologie propre
Les investissements français dans les technologies propres reculent de 25 % au premier semestre 2026. Les priorités sont redéfinies entre guerre en Ukraine et en Iran et enjeux de souveraineté, estime un rapport de France Invest, GreenUnivers et EY. -
Legrand veut continuer à surfer sur la vague des centres de données
Le spécialiste des infrastructures électriques a relevé ses objectifs 2030. Pour les quatre prochaines années, il vise désormais une croissance organique d'au moins 6% par an. Son action en profite.
A la Une
Contenu de nos partenaires
-
Sublimer l’infiniment petit
Pour une Maison fondée en 1755, la préservation des savoir-faire pourrait consister à regarder vers le passé. Chez Vacheron Constantin, c’est tout l’inverse. La manufacture genevoise les met à l'épreuve, tout en les confrontant à de nouveaux terrains d’expression. -
Légende noire« Il reste une empreinte idéologique assez forte d’Alain Soral sur le Rassemblement national »
Antisémitisme, virilisme et conspirationnisme : le politiste décrypte l’influence qu’a eue le polémiste antisémite sur Jordan Bardella dans ses jeunes années au Front national -
Ses mains ont la parole
C’est en Suisse, à la Fabrique du Temps de Louis Vuitton qui participe notamment aux Journées Particulières, qu’un émailleur aux mains d’or perpétue des traditions séculaires.