Fannie Mae et Freddie Mac prêts à injecter 200 milliards de dollars
Le régulateur Ofheo a ramené de 30 à 20% le surplus de capital obligatoire
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Thierry Arnaud, à New-York
Fannie Mae et Freddie Mac, les deux agences fédérales américaines de refinancement des crédits hypothécaires, pourraient injecter jusqu’à 200 milliards de dollars sur le marché des obligations adossées aux financements immobiliers après que leur autorité de tutelle ait ramené de 30% à 20% la proportion de capitaux excédentaires que les deux institutions sont contraintes de détenir – de nouvelles baisses de ce ratio ne sont pas à exclure.
Toutes les parties ont trouvé un intérêt à cet échange de bons procédés qui devrait apporter une bouffée d’oxygène salvatrice au marché des Collaterized Debt Obligations (CDOs). L’Office of Federal Housing Enterprise Oversight (OFHEO) considère que «Fannie Mae et Freddie Mac ont un rôle spécifique et contra cyclique consister à apporter liquidité, stabilité et des coûts abordables au marché du crédit hypothécaire» a expliqué son directeur James Lockhart. De leur côté, les dirigeants de Fannie Mae et Freddie voient s’alléger une contrainte qui jusque là freinait considérablement leur croissance. Conséquence: le titre Fannie Mae a bondi mercredi de 8,8% après avoir gagné 27% la veille, tandis que Freddie Mac connaissait deux envolées successives de 26% puis de 15%.
Le geste annoncé par OFHEO marque une nouvelle étape de la réorientation de la politique de l’administration Bush vis-à-vis de deux agences dont l’Etat est actionnaire, et qui était jusqu’ici considérées avec une certaine méfiance – leur portefeuille cumulé de quelque 1400 milliards de dollars de créances immobilières étant volontiers présenté davantage comme un vecteur de risque que comme un facteur de stabilisation du marché immobilier. Le plafond des crédits immobiliers que les agences peuvent acquérir avait déjà été porté de 417000 à 729750 dollars. Freddie Mac et Fannie Mae n’avaient certes pas servi leur cause en commettant une série d’irrégularités comptables d’un total de 11,3 milliards de dollars découvertes respectivement en 2003 et en 2004, et qui ont abouti deux ans plus tard à une série de sanctions – parmi lesquelles l’exigence d’un ratio de capitalisation beaucoup plus élevé.
Les créances titrisées que Fannie Mae et Freddie Mac ont la responsabilité d’émettre étaient en hausse hier, au sein d’un marché que le directeur général de Fannie Mae, Dan Mudd, a qualifié de «paradis des acheteurs». La valeur des CDOs s’est à ce point dépréciée que les agences sont convaincues de leur capacité à réaliser une bonne opération financière en en reprenant une partie, tout en contribuant ainsi à stabiliser le marché et à améliorer sa liquidité.
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